Journée Mondiale des Réfugiés : ces faiblesses du Sénégal dans l’accueil des réfugiés, selon des ONG

Malgré sa bonne réputation de terre d’accueil et d’hospitalité, le Sénégal traine de sérieuses lacunes procédurales qui empêchent les réfugiés, des personnes vulnérables de bénéficier d’une bonne  protection lié à leur statut.

Ces tares ont été étalées par Cinq ONG qui  ont rencontré la presse hier à Dakar, et mais aussi pour proposer des solutions à nos gouvernants.

C’est ce 20 juin que se célèbre chaque année, depuis 2001, date marquant le 50e anniversaire de l’adoption de la Convention du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés, la Journée mondiale des réfugiés (World Refugee Day) .

Cinq organisations de la société civile, la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme (Raddho), la Ligue sénégalaise des droits de l’homme (Lsdh), l’Action pour les droits humains et l’amitié (Adha), l’Internationale refugee rights initiative (IrriI) et West african refugee and internally displaced persons network (Waripnet), faisait face à la presse.

« La Commission Nationale d’Eligibilité (Cne) est extrêmement lente dans le traitement des dossiers, avec des durées pouvant aller jusqu’à trois ans. Un retard injustifié qui aggrave considérablement la vulnérabilité des demandeurs d’asile », selon ces ONG.

En outre le Sénégal n’a pas prévu de centre d’accueil pour les demandeurs les plus vulnérables tels que les femmes enceintes, les enfants non accompagnés et les personnes âgées.

L’autre tare soulignée entre autres est l’absence de document d’identité, une entrave à la liberté de circulation, selon Alassane Seck, de la Ligue sénégalaise des droits de l’homme.

Selon leurs recommandations, il revient au Sénégal « d’accorder encore plus d’attention à la situation des réfugiés en mettant en place des commissions d’accueils, d’assistance et d’orientation sociale autre que la Cne pour les demandeurs d’asile ».

En outre, il est urgent de créer des centres ou des foyers d’accueils pour les demandeurs vulnérables (femmes, enfants, handicapés), et surtout voter le Projet de loi de 2012 pour remplacer la loi n°68-27 du 24 juillet 1968 modifié par la loi n°75-109 du 20 décembre 1975 jugée démodée.

La Commission nationale d’éligibilité(Cne) se doit aussi de préciser davantage les motifs de rejet ainsi que les voies de recours possibles des réfugiés.

Sur le plan international, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (Hcr), se doit d’initier des politiques d’assistance et de prise en charge « minima » des demandeurs d’asile détenteurs d’un récépissé de dépôt délivré par la Cne, selon ces cinq Ong.

 

Momar Diack SECK
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