Autoritarisme excessif du pouvoir : Quand le régime du président Sall abâtardit la constitution

Le bien commun, parlons-en, car il nous semble que nos dirigeants ont négligé cette notion fondamentale pour toute communauté humaine. Le  bien commun, c’est le bien suprême. Le  bien de tout le monde qui transcende les égos et les intérêts crypto-personnels.

Le bien commun pour  tout Sénégalais, c’est d’abord le Sénégal,  avec tout ce qu’il renferme au plan physique, environnemental, humain, économico-social, institutionnel etc.

Le cœur  de ce bien commun, c’est la constitution, car c’est elle qui régit le fonctionnement du pays.

Tripatouiller la constitution  ou vouloir en tailler une à sa guise, c’est commettre un sacrilège. Et il est clair que ce régime du président Macky Sall cherche à forger une loi constitutionnelle selon ses convenances inavouées.

Faut-il le rappeler, nul ne peut par lui-même, fut-il le président de la République, agir ou décider en solo de ce qui  est bon ou pas pour ce pays. Adopter une telle posture solitaire, c’est profaner le fondement même de la nation.

Encore une fois, le régime du président Sall vient tristement de s’illustrer en contre-exemple, en faisant fi de l’opinion publique sur une loi aussi importante que celle sur le parrainage citoyen.

Vu l’importance de cette loi,  il aurait dû, s’il était animé de bonne foi, s’en ouvrir d’abord à la classe politique, à la société civile ainsi qu’à toute les forces vives de la nation avant son adoption à l’Assemblée Nationale.

Malheureusement et selon un dessein douteux, cette loi a  été adoptée, sans débat, par une majoritaire parlementaire mécanique, qui n’agit que pour faire le bon plaisir du chef de l’Etat. Ce qui est dommage et constitue une insulte pour notre démocratie hardiment construite au prix d’innombrables sacrifices.

Ainsi, comme ce fut le cas il y a deux ans,  quand  il a décidé tout seul  avec la majorité présidentielle, des points de réforme constitutionnelle lors du référendum de 2016, le revoilà qui agit avec  mépris en l’endroit du peuple sénégalais, en refusant d’exposer à la  lumière de tous, les contours de cette loi polémique dont on dit abusivement, qu’elle va aider à « assainir notre démocratie ».

Qu’à cela ne tienne, que dire de la modification en vue de l’article L 57 du code électoral. Que dire de ce tripatouillage programmé ,  qui veut exclure de la course à la présidentielle, des candidats et non des moindres,  susceptibles d’être déclarés « non électeurs ».

Pour rappel, l’article L 57 du code électoral en vigueur dispose que : « Tout Sénégalais peut faire acte de candidature et être élu sous réserve des conditions d’âge et des cas d’incapacité ou d’inéligibilité prévus par la loi » . Ainsi pour disqualifier certains candidats, les  tenants du pouvoir veulent modifier cette disposition  par l’ argument suivant : « Tout Sénégalais Electeur peut faire acte de candidature et être élu sous réserve des conditions d’âge et des cas d’incapacité ou d’inéligibilité prévus par la loi ».

Comme il y a au moins deux gros adversaires susceptibles d’être rattrapés par la modification en vue, il apparaît clair  que cette volonté acharnée de retailler la loi électorale, en moins d’une année de l’élection présidentielle, cache  maladroitement des ambitions inavouées.

Jean Nzalé

 

 

 

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