La Chambre criminelle de Ziguinchor a ouvert, lundi, sa deuxième session de l’année 2026 avec une affaire de trafic international présumé de drogue impliquant un ressortissant gambien. Arrêté en 2023 à Diaboudior avec 20 kilogrammes de graines de chanvre indien, Bacary Djiba affirme que la marchandise était destinée à nourrir ses poussins. Entre accusations du parquet et contestation de la défense, le verdict est attendu le 1er juillet prochain.
La deuxième session de la Chambre criminelle de Ziguinchor pour l’année judiciaire 2026 s’est ouverte sur un dossier mêlant trafic présumé de stupéfiants, contestation des preuves et enjeux transfrontaliers entre le Sénégal et la Gambie. Selon le quotidien Libération, le premier dossier inscrit au rôle concerne Bacary Djiba, un tailleur né en 1995 et résidant en Gambie, poursuivi pour trafic international de drogue.
L’homme avait été interpellé le 4 juillet 2023 par un bataillon commando de l’armée sénégalaise dans le village de Diaboudior, situé dans la commune de Djibidione, département de Bignona. Les soldats avaient alors découvert 20 kilogrammes de graines de chanvre indien transportés sur sa moto alors qu’il tentait de rejoindre la Gambie.
À la barre, l’accusé a reconnu la détention des graines mais a rejeté toute implication dans un trafic de stupéfiants. Selon sa version, les graines étaient destinées à l’alimentation de poussins qu’il élevait et commercialisait en Gambie.
« Les graines de chanvre indien donnaient beaucoup de force à mes poussins », a-t-il soutenu devant les juges, expliquant avoir acheté la marchandise dans le village de Balla, en Casamance, avant de tenter de la transporter vers Djifangha, en territoire gambien.
Toujours selon le quotidien Libération, Bacary Djiba a également contesté plusieurs déclarations consignées durant l’enquête préliminaire, affirmant que ses propos auraient été mal interprétés par les enquêteurs.
Mais pour l’avocat général, les faits sont clairement établis. Le représentant du parquet estime que les graines saisies constituent bien des dérivés du cannabis et que leur destination finale était la revente en Gambie.
Le magistrat a ainsi requis une peine de dix ans de travaux forcés, une amende de 10 millions de francs CFA ainsi que la confiscation de la marchandise saisie.
Face à ces réquisitions, la défense a tenté de démonter la qualification pénale retenue par l’accusation. Me Terence Senghor a notamment insisté sur l’absence d’expertise scientifique prouvant que les graines saisies constituaient effectivement une substance stupéfiante.
« Rien ne prouve que les graines de cannabis sont de la drogue », a plaidé l’avocat, estimant qu’aucune analyse de laboratoire n’a été produite au dossier.
Pour la défense, seul un acquittement pourrait être prononcé dans ces conditions.
Le verdict de cette affaire très suivie dans la région sud du pays est attendu le 1er juillet prochain.

