Violences sécuritaires : Bamako et des sites militaires visés par des groupes occultes, l’armée malienne repousse des assauts coordonnés

Des attaques simultanées menées par des hommes armés ont visé samedi la capitale malienne et plusieurs localités, provoquant des combats intenses avec les forces de défense. L’armée affirme avoir repoussé les assaillants, tandis que la situation reste incertaine.

La capitale du Mali, Bamako, ainsi que plusieurs autres zones du pays ont été la cible d’attaques coordonnées menées par des groupes armés samedi matin, dans ce qui apparaît comme l’une des opérations les plus importantes de ces derniers mois, selon des informations rapportées par BBC et confirmées par des sources sécuritaires.

Dès les premières heures de la journée, des explosions suivies de tirs nourris ont été entendues à proximité de la base militaire de Kati, située à une quinzaine de kilomètres de la capitale. Ce site stratégique, qui abrite notamment le quartier général de l’armée malienne, a été directement visé.

Selon des témoignages recueillis par Reuters et la BBC, des combats ont éclaté simultanément dans plusieurs quartiers de Bamako. Les forces de défense ont été rapidement déployées et les accès aux zones sensibles ont été restreints. Les échanges de tirs auraient duré plus de quatre heures, plongeant la capitale dans une atmosphère de grande tension.

Dans un communiqué officiel, l’armée malienne a indiqué que des « groupes armés terroristes » avaient attaqué « certains sites et casernes militaires » à Bamako et dans d’autres régions du pays. Elle a assuré que les forces de sécurité étaient en train de repousser les assaillants, tout en appelant la population au calme et à la vigilance.

L’identité des auteurs de ces attaques n’a pas encore été formellement établie. Toutefois, des analyses relayées par des experts évoquent une possible coordination entre le JNIM, un groupe jihadiste actif au Sahel, et des éléments du Front de Libération de l’Azawad (FLA). Ces informations restent néanmoins non confirmées de manière indépendante.

Parallèlement aux violences dans la capitale, des sources proches du FLA ont revendiqué la prise de positions dans les villes de Kidal et Gao, dans le nord du pays. Là encore, ces affirmations n’ont pas pu être vérifiées.

Sur le plan logistique, les perturbations ont été immédiates. Plusieurs vols à destination de Bamako ont été annulés, tandis que l’aéroport international Aéroport international Modibo Keïta est resté fermé durant la journée, sans confirmation officielle quant à d’éventuels dégâts.

Sur le terrain, les témoignages décrivent une population réveillée par la violence des détonations. « Nous nous sommes réveillés avec des attaques simultanées », confie un habitant, tandis que d’autres saluent la réaction rapide des forces armées, évoquant leur « courage » face aux assauts.

La situation sécuritaire a suscité des réactions internationales. L’ambassade des États-Unis au Mali a recommandé à ses ressortissants de rester à l’abri et d’éviter tout déplacement vers les zones affectées. De son côté, le président de la Commission de l’Union africaine, Mahamoud Ali Youssouf, a exprimé sa « profonde préoccupation » et condamné fermement les attaques, soulignant les risques pour les populations civiles.

Au fil de la journée, les autorités ont évoqué un retour progressif au calme, bien que des tirs sporadiques aient encore été signalés dans certains secteurs, témoignant d’une situation sécuritaire toujours fragile.

Ces événements interviennent dans un contexte régional marqué par une recrudescence des violences armées, renforçant les inquiétudes quant à la stabilité du Mali et de l’ensemble du Sahel.

Momar Diack SECK
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