L’enquête ouverte après l’interpellation de quatre voyageurs à l’Aéroport international Blaise Diagne (AIBD) a permis à la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants (DNLT) de remonter une partie d’un réseau présumé de faussaires. Deux individus ont été interpellés, tandis que les investigations se poursuivent pour identifier les autres personnes impliquées.
Le réseau présumé de délivrance frauduleuse de visas pour l’Europe et l’Amérique fait l’objet d’investigations de la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants (DNLT). Selon le quotidien Libération, l’affaire a éclaté le 14 octobre 2026, lorsque le commissaire spécial de l’Aéroport international Blaise Diagne a saisi la DNLT pour la mise à disposition de quatre individus détenteurs de passeports sénégalais comportant des visas d’entrée dans l’espace Schengen et aux États-Unis jugés suspects.
L’enquête ouverte à la suite de cette saisine a confirmé le caractère frauduleux des documents. Les investigations ont rapidement conduit à l’interpellation d’un premier suspect, identifié sous les initiales S.A.K. Gaye, alias « Jackson », présenté comme le convoyeur des candidats au voyage.
Entendus par les enquêteurs, les quatre voyageurs ont déclaré avoir versé des sommes comprises entre 4 et 6 millions de francs CFA à S.A.K. Gaye et à un autre individu identifié sous les initiales D. Ka. Ces montants auraient été remis dans le cadre de démarches visant à obtenir des visas pour l’Italie, les États-Unis et le Canada.
Lors de son interrogatoire, S.A.K. Gaye a reconnu avoir mis les candidats en relation avec D. Ka. Il a également admis avoir collecté les fonds destinés à l’obtention de visas américains et italiens avant de les reverser à son interlocuteur.
Le mis en cause a expliqué s’être fié aux assurances de ce dernier, qui prétendait disposer de contacts au sein des ambassades des États-Unis, de l’Italie et du Canada. Il a toutefois nié toute participation directe à la confection des faux visas.
La poursuite des investigations a permis aux enquêteurs de localiser et d’interpeller D. Ka le 16 octobre 2026 à Diogo, dans la région de Thiès. Interrogé sur les accusations formulées contre lui, ce dernier a reconnu avoir collecté et transféré les fonds à deux personnes qu’il a identifiées comme A. M. T. et un certain David, sans fournir davantage de précisions.
Ka a cependant nié avoir eu connaissance du caractère frauduleux des visas. Il a également déclaré avoir perçu une commission de 1,2 million de francs CFA dans le cadre de ces opérations.
Selon les informations rapportées par Libération, l’enquête se poursuit afin de retrouver les autres membres présumés du réseau et de déterminer les responsabilités de chacun dans cette affaire. Les investigations devront notamment permettre de clarifier le rôle des différents intermédiaires et les conditions dans lesquelles les faux documents ont été obtenus.

