Dans une déclaration commune rendue publique à Dakar le 30 décembre 2025, des organisations et personnalités issues de la gauche patriotique et panafricaniste estiment que la victoire politique du 24 mars 2024 a ouvert une séquence historique à ne pas compromettre. Elles appellent à des réformes profondes pour consolider la rupture avec le système néocolonial.
De 2021 à 2024, le Sénégal a été le théâtre de mobilisations populaires d’une ampleur inédite, marquées par une forte implication des jeunes et des femmes, une créativité dans les formes de lutte et une constance rarement observée dans l’histoire politique récente. Pour les signataires de la déclaration commune intitulée « Nous ne devons pas rater la séquence ouverte par le 24 mars 2024 », cette dynamique a culminé avec la victoire politique du camp patriotique.
Selon les organisations signataires, cette victoire est avant tout celle d’une jeunesse consciente, déterminée à rompre avec la dépendance, à obtenir justice pour les victimes des violences politiques, à recouvrer les biens publics spoliés et à améliorer durablement les conditions de vie des populations. Elles soulignent que ce tournant est aussi l’aboutissement de longues luttes menées par la gauche patriotique et révolutionnaire, depuis les combats pour l’indépendance jusqu’aux contestations des alternances jugées dévoyées.
La déclaration met en lumière une ligne de fracture entre, d’une part, les forces souhaitant poursuivre l’exécution du projet politique porté par le PASTEF et, d’autre part, celles favorables à un retour au statu quo ante. Dans ce contexte, les signataires alertent sur l’activisme de forces contre-révolutionnaires cherchant à fragiliser l’expérience en cours.
Les organisations appellent ainsi la direction du PASTEF à user de sa majorité électorale et parlementaire pour engager des réformes institutionnelles majeures, notamment l’éradication de l’hyperprésidentialisme et l’avènement d’une nouvelle République fondée sur l’équilibre des pouvoirs, le respect des libertés et l’approfondissement de la souveraineté nationale.
Sur le plan international, la déclaration dénonce les stratégies impérialistes visant l’Afrique et affirme la nécessité de défendre la phase actuelle de lutte démocratique et panafricaniste. En perspective des élections territoriales de 2027, les signataires appellent à une mobilisation accrue pour barrer la route aux forces de régression sociale.
Cette déclaration est signée notamment par Espace Leeralante / Pensées Politiques Partagées (EL-3P), le Comité pour la Plateforme de Réflexions (CPR) Dooleel PIT, ainsi que par Mamadou Wane dit Mao Wane, selon le document daté du 30 décembre 2025 à Dakar.
La même source souligne que la fidélité à l’esprit du 24 mars demeure, pour les signataires, la condition centrale de la poursuite du processus de transformation engagé


