La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a inauguré, le 30 octobre 2026 à Praia, le Centre national de coordination du Mécanisme de réponse à l’alerte précoce de Cabo Verde. Cette nouvelle structure vise à renforcer les capacités nationales de prévention des conflits, d’anticipation des menaces et de protection des populations, tout en consolidant l’architecture régionale de paix et de sécurité.
La CEDEAO poursuit le renforcement de ses dispositifs de prévention des conflits en Afrique de l’Ouest. En coordination avec le ministère de la Défense nationale de Cabo Verde, l’organisation régionale a procédé, le 30 octobre à Praia, à l’inauguration du Centre national de coordination du Mécanisme de réponse à l’alerte précoce. La cérémonie a réuni des membres du Gouvernement capverdien, des autorités nationales, des représentants diplomatiques et des partenaires internationaux autour des enjeux de paix, de sécurité et de stabilité.
Présidant la cérémonie, le président de la Commission de la CEDEAO, le général Birame Diop, a souligné l’importance de cette structure dans le renforcement des capacités nationales de prévention et de réponse aux crises. Il a également insisté sur sa contribution à la consolidation de l’architecture régionale de paix et de sécurité.
Pour lui, l’alerte précoce constitue un instrument essentiel pour identifier les menaces émergentes avant qu’elles ne dégénèrent en crises. « L’alerte précoce consiste à détecter les risques, à éclairer la prise de décision et à déclencher une réponse en temps opportun », a-t-il déclaré.
Cette inauguration marque ainsi une nouvelle étape dans la volonté de la CEDEAO de rapprocher les mécanismes d’alerte précoce des réalités nationales. L’objectif est de renforcer le lien entre la détection des risques, l’analyse des informations et la mise en œuvre de réponses adaptées, rapides et coordonnées.
Le neuvième centre national de l’espace CEDEAO
Le Centre de Cabo Verde est le neuvième Centre national d’alerte précoce mis en place dans l’espace communautaire. Son installation s’inscrit dans le processus régional engagé à la suite de l’adoption de l’Acte additionnel de juillet 2014.
Rattachée institutionnellement à la Primature capverdienne, cette structure doit favoriser la coopération entre les différentes institutions nationales, contribuer à l’analyse des informations relatives aux risques et faciliter la coordination des réponses aux menaces susceptibles d’affecter la sécurité humaine.
L’enjeu est notamment de permettre aux autorités de disposer d’informations utiles à la prise de décision et d’intervenir suffisamment tôt face aux situations susceptibles de compromettre la stabilité du pays ou la sécurité des populations.
Le ministre de la Défense nationale de Cabo Verde, le Dr Manuel da Rosa, a présenté le Centre comme la concrétisation d’une vision visant à consolider les institutions de l’État et à mieux garantir la sécurité des citoyens.
Selon lui, la protection des populations nécessite une approche stratégique fondée sur la capacité à identifier les crises émergentes et à y répondre efficacement. La mise en place de cette structure doit ainsi renforcer les capacités du pays à anticiper les menaces, à les dissuader et à relever les défis sécuritaires.
Une mobilisation institutionnelle et un soutien européen
L’inauguration a également enregistré la participation à distance du vice-président de la Commission de la CEDEAO, Anthony Oluwatosin Ogunjimi, et de la vérificatrice générale des institutions de l’organisation régionale, Carla Bettencourt. Le ministre capverdien de l’Économie a également pris part aux échanges.
Des membres du personnel de la Direction de l’Alerte précoce de la CEDEAO ainsi que des ressortissants capverdiens travaillant au sein des institutions communautaires ont suivi l’événement depuis la salle de situation de la CEDEAO à Abuja, au Nigeria.
Cette mobilisation témoigne de l’importance accordée à cette initiative, tant au niveau national que régional. Elle illustre également la volonté de renforcer la coopération entre les États membres et les institutions communautaires dans la prévention des crises et la promotion de la sécurité humaine.
L’opérationnalisation du Centre a bénéficié du soutien de l’Union européenne, à travers le programme African Peace and Security Architecture (APSA IV).
À travers cette initiative, la CEDEAO réaffirme son engagement à accompagner ses États membres dans le renforcement de la résilience institutionnelle et l’amélioration de leurs capacités d’anticipation. L’ambition est de faire de l’alerte précoce un véritable outil d’action, permettant de transformer les informations recueillies sur les risques en interventions rapides et coordonnées pour préserver la paix, la stabilité et la sécurité des populations en Afrique de l’Ouest.

