Sanctions américaines contre Abdoulaye Sèye et d’autres responsables de la CPI : Dakar exprime sa « profonde préoccupation »

Le Secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a exprimé mercredi sa « grave préoccupation » après l’annonce de nouvelles sanctions américaines contre des responsables de la Cour pénale internationale (CPI), dont le Sénégalais Abdoulaye Sèye, membre du Bureau du procureur.

Par la voix de son porte-parole, Stéphane Dujarric, l’ONU a rappelé que la CPI constitue un « pilier essentiel de la justice pénale internationale ». La Cour a, de son côté, dénoncé une « attaque flagrante » contre l’indépendance d’une institution judiciaire impartiale.

Selon Quotidien Libération, ces nouvelles sanctions portent à neuf le nombre de juges de la CPI visés par Washington. Deux procureurs adjoints, un ancien procureur et un membre du personnel de la Cour figurent également parmi les personnes sanctionnées.

La CPI estime que ces mesures sont susceptibles de « saper l’État de droit » et de fragiliser la justice internationale. Elle souligne notamment que les menaces et mesures coercitives peuvent affecter la capacité des victimes de crimes internationaux à obtenir justice.

Ces sanctions interviennent alors que la CPI mène plusieurs enquêtes sur des crimes internationaux présumés, notamment en lien avec la guerre à Gaza. Les États-Unis et Israël, qui ne sont pas parties au Statut de Rome, ne reconnaissent pas la compétence de la Cour.

Washington avait déjà sanctionné la CPI, notamment son ancien procureur Karim Khan, après que celui-ci eut demandé des mandats d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et l’ancien ministre de la Défense Yoav Gallant pour des crimes de guerre présumés à Gaza.

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio accuse la Cour d’être « corrompue » et « politisée ». La CPI rejette ces accusations et affirme qu’elle poursuivra son mandat « avec indépendance et impartialité », conformément au Statut de Rome.

Le gouvernement sénégalais a également réagi aux sanctions annoncées le 18 août 2026. Il dit avoir pris connaissance de ces mesures « avec une profonde préoccupation », notamment celles visant Abdoulaye Sèye, ressortissant sénégalais, membre du Bureau du procureur de la CPI et candidat présenté par le Sénégal à l’élection au poste de juge à la Cour.

Quotidien Libération rapporte que Dakar rappelle son attachement à la CPI, qu’il considère comme un instrument fondamental de la justice pénale internationale. Le Sénégal, premier État à avoir ratifié le Statut de Rome, estime que toute mesure susceptible d’entraver l’indépendance, la sécurité ou l’exercice des fonctions des magistrats et personnels de la Cour est de nature à fragiliser la justice internationale.

Le gouvernement sénégalais exprime ainsi sa « pleine solidarité » à Abdoulaye Sèye ainsi qu’aux autres responsables et personnels de la CPI visés par les sanctions. Dakar réaffirme par ailleurs son attachement au multilatéralisme, au respect du droit international et à l’indépendance de la justice internationale.

Le Sénégal entend poursuivre ses concertations avec ses partenaires africains et internationaux afin de préserver l’intégrité et le fonctionnement effectif de la CPI, tout en appelant au dialogue, au respect mutuel et à la coopération internationale.

Oumou Khaïry NDIAYE
Up Next

Related Posts