Revenus pétroliers : le ministère démonte les affirmations sur la part du Sénégal à Sangomar et apporte ses précisions

Le ministère en charge du Pétrole a apporté un démenti ferme aux déclarations récemment relayées dans l’espace public selon lesquelles le Sénégal ne percevrait que « 25 francs sur un million de francs de pétrole vendu » dans le cadre de l’exploitation du champ pétrolier de Sangomar. Dans un communiqué, les autorités qualifient cette affirmation de « manifestement erronée », estimant qu’elle résulte d’une mauvaise compréhension des mécanismes contractuels qui régissent le partage de la production pétrolière.

Le département ministériel rappelle que les revenus issus d’un projet pétrolier ne peuvent être appréciés à partir de la seule valeur brute des ventes. Ils tiennent compte de plusieurs paramètres, notamment la récupération des coûts pétroliers engagés pour le développement et l’exploitation du champ, ainsi que du mécanisme de partage prévu par le Contrat de recherche et de partage de production (CRPP).

À titre d’exemple, le ministère indique qu’au cours du premier trimestre 2026, le champ de Sangomar a produit près de 8,96 millions de barils de pétrole, représentant une valeur brute estimée à 759,2 millions de dollars. Sur ce volume, l’État du Sénégal a directement reçu 437 839 barils, évalués à environ 37,1 millions de dollars. Les autorités précisent toutefois que cette part directe ne représente qu’une composante des revenus publics tirés du projet.

Le communiqué souligne également que les partenaires du projet ne conservent pas l’intégralité des volumes qui leur sont attribués. Une partie importante de la production est consacrée au remboursement des investissements réalisés pour la recherche, le développement et la mise en exploitation du gisement, conformément aux dispositions du CRPP. Ce n’est qu’après cette phase de récupération des coûts que le « profit oil » est réparti entre l’État et les partenaires suivant les modalités prévues par le contrat.

Le ministère rappelle en outre que les intérêts économiques du Sénégal comprennent également la participation de Petrosen, fixée à 18 %, ainsi que les impôts, taxes, redevances et autres prélèvements générés par les activités pétrolières.

Les autorités s’appuient également sur le dernier rapport trimestriel de Woodside, opérateur du champ, pour expliquer que la quote-part nette de production déclarée s’explique notamment par la récupération accélérée de dépenses engagées avant la décision finale d’investissement. Selon le ministère, cette situation ne reflète ni le partage définitif des bénéfices ni les revenus globaux revenant au Sénégal.

En conclusion, le département en charge du Pétrole affirme que les chiffres avancés dans le débat public ne reposent sur aucun fondement économique, contractuel ou comptable. Il appelle les acteurs publics et les commentateurs à davantage de rigueur dans le traitement des questions relatives aux ressources pétrolières nationales, tout en réaffirmant son engagement en faveur d’une information transparente et documentée

Michel DIEYE

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