Retrait de la gestion du Port de Kaolack : la CCIAK fustige une décision prise sans protocole administratif et redoute un choc financier

La décision de l’État du Sénégal de retirer la gestion du Port de Kaolack à la Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture de Kaolack (CCIAK) pour la confier au Port autonome de Dakar suscite de vives réactions. Réunie en assemblée générale extraordinaire, l’institution consulaire dénonce une procédure engagée sans notification administrative et s’inquiète des conséquences financières pour l’économie locale.

La Chambre de commerce d’industrie et d’agriculture de Kaolack (CCIAK) exprime son mécontentement face à la décision des autorités de retirer la gestion du Port de Kaolack à l’institution consulaire pour la confier au Port autonome de Dakar (PAD). Réuni en assemblée générale extraordinaire, le bureau de la CCIAK affirme avoir appris cette décision sans notification administrative préalable.

Selon Sud Quotidien, les responsables consulaires déplorent également l’absence de passation de services entre l’équipe sortante et les nouveaux dirigeants, malgré la nomination d’un nouveau directeur à la tête de l’infrastructure portuaire. Pour eux, cette démarche constitue un véritable « coup de massue » porté à une institution régionale dont près de 80 % des ressources financières proviennent des activités du port.

Les collaborateurs du président Serigne Mboup rappellent par ailleurs que la paternité du Port de Kaolack revient historiquement à la Chambre de commerce. L’infrastructure aurait été construite entre 1925 et 1930 dans le but de dynamiser l’économie régionale et de faciliter l’approvisionnement des zones situées le long du fleuve.

Toujours selon Sud Quotidien, ce programme s’inscrivait dans un dispositif plus large comprenant notamment une voie ferrée reliant l’actuelle usine de la Sonacos à la station portuaire afin d’assurer le transport de l’arachide. L’ouverture du fleuve à la navigation commerciale avait alors permis à plusieurs navires marchands d’acheminer la production agricole vers divers marchés du pays.

Après un déclin progressif à partir des années 1960, les activités du port ont connu un regain à partir de 2010 avec l’arrivée de Serigne Mboup à la tête de la CCIAK. Plusieurs investissements ont été réalisés pour réhabiliter les installations et aménager des hangars destinés à la location. En 2018, le port a même accueilli des navires spécialisés dans le dragage du littoral dans le cadre d’une coopération avec la République de Corée.

Malgré les difficultés, l’infrastructure continue aujourd’hui d’enregistrer en moyenne entre 90 et 100 navires par an. Mais la perte de la gestion du port privera désormais la Chambre de commerce de revenus importants issus des activités portuaires et de la location des bâtiments situés dans l’enceinte portuaire.

Face à cette situation, l’institution consulaire annonce avoir revu ses prévisions financières à la baisse, avec une réduction d’environ 100 millions de francs CFA de son budget annuel afin d’anticiper d’éventuelles difficultés.

Michel DIEYE

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