Invité de l’émission « Point de vue », Moundiaye Cissé a plaidé pour une réforme inclusive du Code électoral, mettant en garde contre toute initiative unilatérale susceptible d’aggraver les tensions politiques.
Le débat sur la réforme du Code électoral sénégalais continue de susciter des réactions au sein de la société civile. Invité de l’émission « Point de vue », le directeur exécutif de l’ONG 3D, Moundiaye Cissé, a exprimé une position nuancée mais ferme : oui à la réforme, mais non à toute tentative de passage en force.
Selon lui, les inquiétudes exprimées par l’opposition, notamment sur le fichier électoral et le calendrier des scrutins, sont fondées et méritent une attention particulière. Il insiste sur l’importance d’un accès équitable à l’information pour garantir la transparence du processus.
Dans une démarche de médiation, l’ONG 3D a engagé des discussions avec le ministère de l’Intérieur, qui s’est montré ouvert au dialogue. Une rencontre avec les acteurs politiques est d’ailleurs prévue le 30 avril, afin d’aborder les différentes préoccupations.
Moundiaye Cissé alerte également sur les délais électoraux. Les élections locales, prévues entre fin 2026 et début 2027, nécessitent une anticipation rigoureuse, notamment en ce qui concerne la révision des listes électorales.
Sur le plan juridique, il reconnaît l’existence de zones d’ombre dans les articles L28, L29 et L30 du Code électoral, notamment en matière d’éligibilité. Ces dispositions ont déjà alimenté des controverses impliquant des figures politiques majeures.
Toutefois, il insiste sur la méthode : une réforme électorale ne peut être légitime sans concertation. Une approche unilatérale risquerait, selon lui, de provoquer une crise politique.
Il appelle ainsi à une démarche inclusive, sous l’égide du chef de l’État, intégrant les conclusions du dialogue politique et des assises de la justice. Une réforme globale du système électoral apparaît, à ses yeux, plus pertinente qu’une modification partielle.

