À Mbour, la mobilisation s’intensifie contre un projet immobilier accusé de menacer l’équilibre écologique de la lagune de Mballing. Regroupées au sein du collectif « SOS Déxou Mballing », des organisations de la société civile, des mouvements citoyens et des partis politiques exigent l’arrêt immédiat des travaux de remblaiement en cours sur ce site naturel.
La contestation enfle autour de la lagune de Mballing, dans la commune de Mbour. Plusieurs organisations citoyennes réunies au sein du collectif « SOS Déxou Mballing » ont organisé un sit-in pour dénoncer un projet immobilier qui, selon elles, menace l’existence même de cet écosystème fragile.
Selon le quotidien L’As, les populations locales s’opposent aux travaux de terrassement engagés sur une assiette foncière de 2,8 hectares relevant du titre foncier n°2177/MB. Ces travaux viseraient la création d’un lotissement de 56 parcelles destinées à la vente.
Les protestataires affirment que la reprise des opérations de remblaiement constitue une menace directe pour la lagune, un espace naturel considéré comme un régulateur hydrologique et une barrière écologique contre l’érosion côtière et les inondations. Les zones humides comme celle de Mballing jouent en effet un rôle crucial dans la protection des écosystèmes et la régulation des eaux pluviales dans les zones côtières.
D’après L’As, la semaine dernière, les populations ont été alertées par la présence de bulldozers sur le site. L’intervention conjointe des agents des Eaux et Forêts et de la police a conduit à la saisie du matériel utilisé pour les travaux.
Le porte-parole du collectif, Omar Niang, rappelle que les premières tentatives de remblaiement remontent à 2017 et avaient déjà suscité une forte opposition citoyenne. Cette mobilisation avait conduit à la prise de mesures conservatoires par les autorités administratives, notamment l’arrêté préfectoral n°18-118 du 29 juin 2018.
Pour les acteurs de la société civile, la destruction de la lagune pourrait entraîner des conséquences écologiques majeures, notamment la perturbation des voies naturelles d’écoulement des eaux et l’aggravation de l’érosion côtière qui affecte déjà plusieurs zones de la Petite Côte.
Les populations demandent désormais au président de la République de prendre un décret annulant l’attribution du site afin de préserver ce patrimoine naturel considéré comme un rempart écologique contre les effets du changement climatique.
Selon L’As, les organisations citoyennes promettent de poursuivre la mobilisation jusqu’à l’abandon définitif du projet immobilier.

