L’Assemblée nationale a voté, ce lundi, la levée de l’immunité parlementaire du député Farba Ngom, ouvrant la voie à des poursuites judiciaires dans le cadre d’une enquête liée à la découverte d’objets prohibés dans sa cellule au Pavillon spécial de la Maison d’arrêt.
Selon rts.sn, la décision a été adoptée par 108 voix pour, 21 contre et aucune abstention sur 129 votants. Ce vote fait suite à une procédure enclenchée après la découverte, lors d’une fouille inopinée menée dans la nuit du 29 au 30 décembre 2025, de deux téléphones portables et de cinq clés USB dans la cellule du parlementaire.
Présente à l’hémicycle, la ministre de la Justice, Yassine Fall, a exposé les conclusions d’une enquête qualifiée d’« objective et nécessaire ». D’après ses déclarations, le député aurait reconnu, lors de son audition, avoir introduit un téléphone dissimulé dans un pot de lait. Un second appareil lui aurait été remis par un surveillant pénitentiaire, laissant présumer une possible complicité interne.
L’exploitation des supports saisis aurait révélé des transactions financières et immobilières, des documents couverts par le secret de l’instruction ainsi que des contenus vidéo jugés contraires aux bonnes mœurs. Plusieurs qualifications pénales sont ainsi envisagées : introduction d’objets prohibés en milieu carcéral, corruption, violation du secret de l’instruction et diffusion d’images impudiques.
La Garde des Sceaux a rappelé qu’en vertu de l’article 61 de la Constitution, aucune poursuite ne peut être engagée contre un parlementaire sans autorisation préalable de l’Assemblée nationale, sauf en cas de flagrant délit. La levée de l’immunité permet désormais au procureur de la République de Dakar de poursuivre les investigations.
Face à ses collègues députés, Farba Ngom a vigoureusement contesté les accusations. À la tribune, brandissant le Coran, le député-maire des Agnam a dénoncé une procédure qu’il estime irrégulière et des accusations « infondées », notamment celles évoquant un supposé détournement de 125 milliards de francs CFA. Il affirme n’avoir détourné aucun fonds public et conteste également les conditions de sa détention.
Toujours selon rts.sn, la Commission ad hoc de l’Assemblée nationale avait préalablement recommandé la levée de l’immunité, une position entérinée en séance plénière. Cette décision marque l’ouverture d’une nouvelle phase judiciaire dans une affaire aux ramifications potentiellement sensibles, susceptible d’interroger également d’éventuelles responsabilités au sein de l’administration pénitentiaire.

