Kaolack : les délestages plongent commerçants et artisans dans le désarroi faisant grimper les pertes

À Kaolack, les délestages perturbent fortement les activités commerciales et artisanales. Au marché central comme dans les ateliers, les professionnels déplorent des pertes de marchandises, des commandes retardées et des équipements endommagés.

Au marché central de Kaolack, l’activité commerciale se poursuit tant bien que mal. Mais derrière les étals, les coupures d’électricité qui se répètent depuis plusieurs semaines commencent à peser lourdement sur les commerçants dont les produits nécessitent une conservation au froid.

Les vendeurs de poulet, de viande et de produits halieutiques figurent parmi les plus touchés. Rama Diop, présente depuis une dizaine d’années au marché, dit voir son activité fortement affectée. « J’entretiens ma famille avec les recettes que je tire de la vente de poulet », explique-t-elle, avant de déplorer la détérioration de marchandises et les pertes financières enregistrées ces dernières semaines.

La situation est d’autant plus difficile pour cette commerçante qu’elle achète une partie de ses marchandises à crédit. Faute de ventes suffisantes, elle affirme devoir puiser dans ses économies pour honorer ses engagements. Selon EnQuête, les consommateurs sont eux aussi confrontés à une raréfaction de certains produits, les commerçants hésitant à s’approvisionner en quantités importantes en raison des risques de pertes.

Le problème touche également les produits halieutiques. Au marché au poisson, les mareyeurs et les pêcheurs déplorent le manque de glace nécessaire à la conservation des prises. Ansoumana, pêcheur venu des côtes de Mbour, constate que les clients réduisent leurs achats par crainte de voir le poisson se détériorer. Cette prudence se traduit, selon lui, par une baisse des ventes et des retours avec des invendus.

Les artisans également pénalisés

Les difficultés ne se limitent pas au commerce. Dans le secteur de l’artisanat, les conséquences des coupures sont tout aussi importantes. Khadim Tall, président de la coopérative « Artisans Mbokoum Ndiaye de Kaolack », affirme que ses deux ateliers de menuiserie métallique implantés à Ndorong restent parfois fermés toute la journée faute d’électricité.

À cette interruption du travail s’ajoute le retard dans la livraison de commandes déjà payées. Une situation qui, selon lui, fragilise la relation de confiance avec les clients. Pour continuer à travailler, l’artisan explique devoir se déplacer vers des quartiers où l’électricité est disponible, avec quelques outils seulement. Une solution qui entraîne des frais supplémentaires, notamment pour le déplacement et l’utilisation de l’électricité.

Face à ces difficultés, Khadim Tall préconise le recours davantage à l’énergie solaire. Son constat est partagé par Abdoulaye Diankha, dit « GO », président du réseau pour la promotion des artisans de Kaolack. Ce dernier dénonce des coupures intervenant à différents moments de la journée et affirme que plusieurs équipements ont été endommagés par les interruptions et rétablissements brusques du courant.

Dans son reportage, EnQuête rapporte ainsi le désarroi d’acteurs économiques qui voient leurs activités ralenties, leurs charges augmenter et leurs outils de travail exposés aux conséquences de l’instabilité de l’électricité.

Mamadou Nancy Fall
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