Irrigation en péril à Bakel : les riziculteurs réclament une intervention urgente face aux coupures d’électricité de la Senelec

À Bakel, les organisations de producteurs de riz irrigué tirent la sonnette d’alarme face aux coupures d’électricité qui perturbent le fonctionnement de leurs stations de pompage. Une situation qui, selon elles, menace directement la campagne agricole, les revenus de plus de 500 exploitants et quelque 422 hectares de périmètres rizicoles. Nous rapporte L’As.

Dans un mémorandum adressé au gouvernement et aux différents services administratifs concernés, les producteurs expliquent que leurs exploitations dépendent entièrement des stations de pompage alimentées par la Senelec. La continuité de l’approvisionnement électrique constitue ainsi, à leurs yeux, une condition indispensable au maintien de leurs activités.

Le journal note que les coupures intervenant durant les périodes critiques d’irrigation provoquent l’arrêt des stations de pompage, avec pour conséquences l’assèchement et, dans certains cas, la destruction des cultures. Les producteurs font état de pertes importantes de récoltes et de revenus.

Des anomalies de facturation dénoncées

Et selon l’As, au-delà des coupures, les organisations de producteurs dénoncent également des anomalies dans la facturation. Elles évoquent des consommations facturées largement supérieures à la consommation réelle, des erreurs de relevés de compteurs, des estimations qu’elles jugent injustifiées ainsi que des montants qui ne correspondraient pas à leurs historiques de consommation.

Malgré les réclamations et les démarches entreprises auprès des services concernés, ces irrégularités persisteraient, tandis que les procédures de recouvrement et les menaces de coupure continueraient, selon les producteurs, sans vérification technique suffisante ni véritable dialogue contradictoire.

Pour les riziculteurs, ces difficultés ont des répercussions économiques et sociales considérables : pertes de récoltes, diminution des revenus, difficultés de remboursement des crédits, réduction des emplois saisonniers et aggravation de la précarité en milieu rural.

Ils estiment également que la situation risque de compromettre les investissements consentis par l’État et ses partenaires dans l’agriculture irriguée et de porter atteinte aux objectifs de souveraineté alimentaire.

Des mesures d’urgence réclamées

Les producteurs demandent donc le rétablissement durable de l’alimentation électrique de leurs stations de pompage et la suspension des coupures pendant l’examen des contestations. Ils sollicitent également un audit technique des installations, des systèmes de comptage et de la facturation.

Selon toujours le journal, ils réclament notamment l’annulation des montants qu’ils considèrent comme indûment facturés, la mise en place d’un cadre permanent de concertation avec la Senelec et les services de l’État, ainsi que l’application uniforme d’un versement initial de 10 % des arriérés, avec un étalement du reliquat en fonction des capacités financières de chaque organisation.

Les producteurs souhaitent aussi davantage de transparence dans la facturation, la suppression de la rubrique « prime fixe » et l’appui des partenaires financiers, notamment la LBA, pour faciliter le règlement des dettes.

Ils expliquent leurs difficultés financières par la faiblesse des ressources des organisations, l’insuffisance des superficies exploitées, une production principalement destinée à l’autoconsommation ainsi que les conséquences des changements climatiques, notamment les inondations et les pertes de production.

Tout en reconnaissant l’existence d’arriérés, les organisations se disent disposées à respecter leurs obligations, notamment à travers le paiement de 10 % des dettes, en plus de la dernière facture échue.

Attachés au dialogue et au respect des institutions, les riziculteurs de Bakel appellent finalement les autorités à agir rapidement afin de préserver la campagne agricole. Ils se déclarent également disponibles pour toute mission de vérification, d’inspection ou de médiation susceptible de déboucher sur une solution durable et équilibrée.

Oumou Khaïry NDIAYE
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