Intelligence artificielle : la FAO appelle à réduire la fracture numérique dans les zones rurales

Le directeur général de la Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, Qu Dongyu, a appelé à une utilisation éthique et inclusive de l’intelligence artificielle afin que ses bénéfices profitent également aux communautés rurales et aux systèmes agroalimentaires.

À l’occasion d’un symposium de haut niveau consacré à « l’IA et l’avenir de la dignité humaine », organisé à Rome sous le patronage de l’Université pontificale du Latran, le directeur général de la FAO a insisté sur les défis sociaux et humains liés à la révolution technologique actuelle.

Selon Qu Dongyu, l’intelligence artificielle possède un immense potentiel de transformation, mais son développement doit impérativement être guidé par les principes de dignité humaine, d’inclusion et de solidarité.

« Le changement technologique évolue rapidement et nous devons assurer l’adaptation sociale », a déclaré le responsable de la FAO, tout en mettant en garde contre un élargissement de la fracture numérique si les populations rurales demeurent exclues de ces avancées.

Le symposium s’est tenu le même jour que la publication de la première encyclique du pape Leon XIV, intitulée Magnifica Humanitas, consacrée aux implications éthiques et sociales de l’intelligence artificielle.

Dans son intervention, Qu Dongyu a établi un parallèle entre cette révolution technologique et les bouleversements de la révolution industrielle dénoncés il y a 135 ans par le pape Léon XIII dans Rerum Novarum.

Le directeur général de la FAO a rappelé que son organisation figurait parmi les premiers signataires de l’Appel de Rome pour l’éthique de l’IA lancé en 2020 sous l’impulsion du pape Pope Francis.

Il a insisté sur la nécessité de mettre les technologies numériques au service des agriculteurs, pêcheurs, éleveurs et communautés forestières, notamment dans les pays les moins avancés.

Selon lui, l’intelligence artificielle doit contribuer à rendre les systèmes agroalimentaires plus attractifs pour les jeunes générations tout en favorisant le partage des connaissances et la prospérité collective.

Le responsable onusien a également présenté la feuille de route de la FAO pour l’innovation numérique et l’intelligence artificielle dans l’agriculture. Cette stratégie encourage notamment l’utilisation de l’IA dans les chaînes de valeur agricoles, les services de conseil aux agriculteurs, l’horticulture ou encore la gestion des sols.

Qu Dongyu a toutefois rappelé que l’IA ne saurait remplacer l’humain. « Nous avons besoin de l’IA comme facilitateur, mais nous ne pouvons pas manger l’IA », a-t-il déclaré, plaidant pour une complémentarité entre intelligence humaine, intelligence artificielle, intelligence écologique et intelligence sociale.

Le directeur général de la FAO a enfin invité la communauté internationale à faire de l’IA « un pont entre la peur et la prospérité », afin que les bénéfices des nouvelles technologies soient partagés de manière équitable à travers le monde.

Pape Ismaïla CAMARA
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