Le président du Collectif des Formateurs en Travail Social, Abdoulaye Thiam, a officiellement apporté son soutien à la position défendue par le Syndicat Unique des Travailleurs de la Santé et de l’Action Sociale (SUTSAS) concernant la gouvernance de l’Action sociale au Sénégal.
Dans une déclaration rendue publique le 6 juillet, il rappelle que le travail social constitue une discipline scientifique et professionnelle à part entière, fondée sur des connaissances théoriques, des méthodes d’intervention spécifiques ainsi qu’une solide formation universitaire sanctionnée par des diplômes d’État.
Selon lui, les conseillers et spécialistes formés à l’École Nationale des Travailleurs Sociaux Spécialisés (ENTSS) disposent d’une expertise unique combinant sciences sociales, santé publique, droit social et techniques d’accompagnement des personnes vulnérables. Cette compétence, estime-t-il, justifie que les fonctions de direction du secteur soient confiées à des professionnels issus de cette filière.
Abdoulaye Thiam reprend ainsi l’argument avancé par le SUTSAS selon lequel chaque secteur stratégique doit être dirigé par des spécialistes de son domaine, à l’image d’un commissariat placé sous l’autorité d’un policier ou d’un établissement scolaire dirigé par un enseignant. Il précise toutefois que cette position ne remet pas en cause les compétences du nouveau directeur général de l’Action sociale, mais relève d’un principe de cohérence institutionnelle.
Le responsable rappelle également les conclusions des Assises nationales de l’Action sociale et le décret de 2012 portant statut particulier des fonctionnaires du travail social, qui avaient consacré la professionnalisation du secteur afin d’améliorer la prise en charge des populations vulnérables.
À ses yeux, toute remise en cause de cette doctrine pourrait fragiliser plusieurs décennies de construction institutionnelle et affaiblir les politiques de lutte contre la pauvreté, l’exclusion sociale et les inégalités.
En conclusion, Abdoulaye Thiam appelle les autorités à reconsidérer la gouvernance de l’Action sociale afin qu’elle soit assurée par des professionnels dont l’expertise est directement liée aux missions du secteur. Une telle orientation permettrait, selon lui, de garantir un accompagnement social de qualité au bénéfice des milliers de familles sénégalaises qui dépendent des services sociaux.

