Dans une analyse sur les circuits de la corruption internationale, Transparency International met en lumière le rôle central joué par certains intermédiaires financiers et professionnels dans la dissimulation des fonds illicites.
L’argent sale ne circule jamais seul. C’est le constat dressé par Transparency International dans une publication consacrée aux mécanismes de blanchiment de fonds et aux acteurs qui facilitent la dissimulation des richesses issues de la corruption.
Selon l’organisation, derrière de nombreux scandales financiers se trouvent des « facilitateurs » : banquiers, gestionnaires de patrimoine, avocats, comptables, notaires, agents immobiliers ou encore prestataires de services fiduciaires.
Ces professionnels permettent à des fonds suspects de traverser les frontières, d’intégrer l’économie formelle et de réapparaître sous des formes apparemment légales, notamment dans l’immobilier de luxe, les œuvres d’art ou les sociétés offshore.
Transparency International estime que ces mécanismes ont des conséquences directes sur les populations : hausse du coût du logement, affaiblissement des services publics, aggravation des inégalités et érosion de la confiance dans les institutions.
L’organisation affirme avoir identifié, dans 33 pays africains, plusieurs dizaines de professionnels ayant aidé des personnes politiquement exposées à transférer ou dissimuler des fonds à l’étranger.
Les techniques évoquées comprennent la création de sociétés écrans, l’utilisation de prête-noms, les fiducies, ou encore l’acquisition de biens immobiliers via des structures opaques.
L’organisation insiste toutefois sur le fait que tous les professionnels impliqués dans des transactions suspectes ne sont pas nécessairement des criminels. Elle pointe surtout les insuffisances réglementaires, le manque de supervision et l’absence de sanctions efficaces.
Transparency International cite également plusieurs affaires internationales, notamment celles liées à l’ancien gouverneur de la Banque centrale du Liban, Riad Salameh, ainsi qu’aux proches de Viktor Orbán.
L’organisation appelle enfin les États à renforcer les obligations de lutte contre le blanchiment d’argent, à mieux encadrer les professions à risque et à poursuivre les facilitateurs impliqués dans les circuits de la corruption internationale.

