L’Alliance pour la République citoyenne (ARC), dirigée par Anta Babacar Ngom, porte un regard contrasté sur la Déclaration de politique générale (DPG) du Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô. Si la formation politique salue la tenue de l’exercice conformément aux règles constitutionnelles et approuve l’orientation donnée au traitement de la dette, elle juge insuffisantes les réponses apportées aux urgences sociales.
Dans une déclaration publiée hier, l’ARC, citée par le quotidien Libération, félicite le gouvernement et l’Assemblée nationale pour la tenue de la DPG « dans les règles définies par la Constitution ». Le parti estime que cet exercice a permis au chef du gouvernement de présenter les orientations et les priorités de son équipe.
L’ARC se félicite surtout de la décision de procéder à un traitement de la dette du Sénégal, une option que le parti affirme avoir défendue avant même qu’elle ne devienne une orientation gouvernementale. La formation d’Anta Babacar Ngom estime également que l’engagement à apurer les 1 956 milliards de FCFA dus aux entreprises constitue un signal positif pour la relance de l’activité économique et le secteur privé.
Mais, au-delà de cet aspect, le parti déplore ce qu’il considère comme une insuffisance du volet social de la DPG. Selon Libération, l’ARC estime que le document manque de réponses concrètes aux difficultés rencontrées quotidiennement par les populations dans les domaines de la santé, de l’énergie, de l’éducation, de la sécurité, de l’emploi des jeunes et de la souveraineté alimentaire.
Le parti regrette également l’absence de réponses aux revendications syndicales et aux questions liées à l’autonomisation des femmes.
« Le peuple demande plus que des déclarations d’intention »
L’ARC interpelle directement le Premier ministre sur la nécessité de préciser les contours opérationnels de sa feuille de route. Le parti réclame notamment des indications précises sur les projets prioritaires, leur coût, leur calendrier d’exécution et leurs mécanismes de financement.
Dans un contexte marqué, selon lui, par la vie chère, les difficultés énergétiques et l’incertitude économique, le parti considère que le gouvernement doit aller au-delà des annonces générales.
Il critique également l’absence de mesures d’allégement fiscal à court terme et de mécanismes jugés suffisamment efficaces pour contrôler les prix. La réforme et le ciblage des subventions énergétiques constituent, aux yeux de l’ARC, une source d’inquiétude pour les ménages les plus vulnérables.
Le message adressé au Premier ministre est particulièrement ferme : « M. le Premier ministre, vous demandez de la patience là où les Sénégalais exigent de la survie. »
Pour l’ARC, une politique nationale ne peut être jugée uniquement à l’aune de ses objectifs macroéconomiques. Elle doit aussi produire des effets concrets sur l’emploi, l’école, la santé, l’électricité, les opportunités économiques et la justice sociale.
La formation d’Anta Babacar Ngom exige ainsi désormais des « actes immédiats et quantifiables ». Elle assure qu’elle restera vigilante et mobilisée afin que les engagements pris par l’État se traduisent par des résultats tangibles pour les citoyens.

