Dette du Sénégal : Abdourahmane Ba met en garde contre toute interprétation hâtive

Le débat sur le futur traitement de la dette du Sénégal appelle, selon Abdourahmane Ba, président du Think Tank FOYRE, à davantage de prudence dans l’interprétation des termes employés par le Fonds monétaire international (FMI) et les autorités sénégalaises.

Dans une analyse publiée le 1er septembre, l’économiste estime qu’il est désormais possible de parler de restructuration de la dette au sens large, notamment de reprofilage, mais qu’il serait prématuré d’évoquer une décote ou une restructuration profonde.

Abdourahmane Ba relève que le communiqué du FMI utilise l’expression « debt treatment », ou traitement de la dette, sans préciser la nature exacte de l’opération envisagée. Selon lui, cette formulation ne permet pas de déterminer si le Sénégal bénéficiera d’un allongement des maturités, d’un réaménagement des taux d’intérêt, d’un report des échéances ou d’une réduction du principal.

L’analyse s’appuie également sur une information rapportée par Reuters, selon laquelle un communiqué distinct du ministère sénégalais de l’Économie et des Finances indique que le Sénégal a accepté de restructurer sa dette dans le cadre renforcé du « Common Framework », avec une solution adaptée à la composition particulière de son endettement.

Pour Abdourahmane Ba, le terme « restructuration » peut donc être utilisé pour qualifier le processus engagé. Mais la question essentielle demeure celle de son ampleur. Un simple reprofilage pourrait consister à allonger les maturités, reporter certains remboursements ou éventuellement réduire les coupons, sans toucher au principal. Une opération plus profonde entraînerait, elle, une diminution significative de la valeur actuelle nette de la dette, voire une décote du principal.

« Aucune information officielle disponible aujourd’hui ne permet d’affirmer qu’un haircut a été accepté », souligne-t-il. Il appelle ainsi à ne pas traduire automatiquement l’expression « debt treatment » par une décote de la dette.

L’expert invite désormais à surveiller plusieurs paramètres, notamment le périmètre des créanciers concernés, les nouvelles maturités, les taux d’intérêt, les éventuelles périodes de grâce et une possible réduction de la valeur actuelle nette de la dette.

Il rappelle également que le FMI avait précédemment indiqué qu’il ne déterminait pas lui-même le périmètre d’une éventuelle restructuration et qu’il n’avait pas, en principe, à imposer l’inclusion de la dette domestique.

Sa conclusion est sans équivoque : une restructuration semble désormais actée dans son principe, mais sa forme exacte reste à déterminer. Le gouvernement pourrait ainsi privilégier une opération principalement fondée sur le reprofilage plutôt qu’une restructuration lourde impliquant une décote du principal.

Pape Ismaïla CAMARA
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