Situé à la croisée de plusieurs régions du Sénégal, le village de Dayane Kodiolé, dans le département de Ranérou, demeure paradoxalement difficile d’accès. Malgré sa position géographique stratégique et l’arrivée récente de projets énergétiques modernes, cette localité du Ferlo reste prisonnière d’un enclavement aggravé par l’état dégradé des routes et l’abandon de plusieurs infrastructures routières, rapporte l’APS.
Au cœur de la zone sylvopastorale du Ferlo, le village de Dayane Kodiolé apparaît comme un véritable point de convergence entre plusieurs régions sénégalaises. Relevant de la commune de Vélingara-Ferlo, dans la région de Matam, cette localité se situe à proximité immédiate des régions de Tambacounda, Kaffrine et Louga. Pourtant, malgré cette position stratégique, l’accès au village reste particulièrement éprouvant.
Selon l’APS, il faut parcourir près de 208 kilomètres depuis Matam pour rallier Dayane Kodiolé. Une partie importante du trajet se déroule sur des pistes sablonneuses et latéritiques, marquées par des chantiers routiers abandonnés depuis plusieurs années. Dès la sortie de la Route nationale 3, après Ranérou et le croisement de Vélingara-Ferlo, le décor change brutalement : nids-de-poule, pistes défoncées, amas de latérite et traversées incessantes d’animaux compliquent la progression des véhicules.
Dans cette zone du Ferlo, les célèbres “wopou yaha”, ces pick-up surchargés transportant personnes, bétail et marchandises, règnent sur les pistes. Leur circulation à vive allure accentue les risques sur ces routes déjà difficiles.
Le reportage de l’APS décrit un environnement où l’abandon du chantier routier saute aux yeux. Des ponts inachevés, des bases techniques désertées et des tronçons laissés à l’abandon témoignent des difficultés d’aménagement dans cette partie du territoire national. Pour contourner les zones les plus impraticables, les conducteurs empruntent souvent des pistes secondaires serpentant entre les arbres et les campements nomades.
Le trajet vers Dayane Kodiolé traverse également plusieurs hameaux et campements peuls où les populations vivent principalement de l’élevage. Des charrettes remplies de réservoirs d’eau, des troupeaux conduits par leurs bergers et des enfants longeant les pistes rappellent les réalités quotidiennes de cette zone pastorale.
À Vélingara-Ferlo, principal centre de vie avant Dayane Kodiolé, le marché hebdomadaire constitue un véritable poumon économique local. Boutiques, vendeurs de viande, artisans et petits commerçants animent cette commune rurale où les voyageurs font souvent halte avant de reprendre la route.
Après Vélingara-Ferlo, les 27 derniers kilomètres menant à Dayane Kodiolé s’effectuent sur une piste encore plus sablonneuse. Les baobabs et arbres défeuillés remplacent progressivement les paysages précédents. Dans cette immensité du Ferlo, seuls quelques repères permettent d’annoncer l’arrivée au village : une antenne de télécommunication et le forage local.
Malgré son enclavement, Dayane Kodiolé commence toutefois à bénéficier de certains projets structurants. Le ministre de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, Birame Soulèye Diop, s’y est récemment rendu pour inaugurer une mini-centrale solaire de nouvelle génération dans le cadre du Programme d’appui au développement des énergies renouvelables pour l’accès universel (PADERAU).
Le village voisin de Dayane Sellé a lui aussi bénéficié de ce programme énergétique. Une avancée importante pour ces localités du Ferlo où l’accès aux infrastructures de base demeure encore un défi majeur.
L’APS souligne ainsi le contraste frappant entre le potentiel géographique de Dayane Kodiolé et les difficultés persistantes liées à son isolement routier. Une situation qui continue de freiner le développement économique et social de cette zone pourtant située à un carrefour régional stratégique.

