La Sûreté urbaine du Commissariat central de Dakar a procédé au démantèlement d’un réseau impliqué dans le trafic de migrants et la confection de faux documents administratifs destinés à faciliter l’entrée irrégulière d’étrangers au Sénégal. Un ressortissant sénégalais, présenté comme le principal relais local du réseau, a été déféré au parquet pour trafic de migrants, faux et usage de faux ainsi que complicité.
La Sûreté urbaine (SU) du Commissariat central de Dakar a frappé un important réseau spécialisé dans le trafic de migrants et la production de faux documents administratifs liés aux procédures de visas et de séjour au Sénégal.
Selon les informations communiquées par les services de Police, l’opération a été déclenchée à la suite de l’exploitation d’un renseignement opérationnel faisant état de l’existence d’un réseau structuré impliqué dans la confection et la commercialisation de fausses lettres d’approbation de visas d’entrée et de court séjour au Sénégal.
L’enquête, menée par les éléments de la Brigade de lutte contre la criminalité (BLC), a permis l’interpellation d’un ressortissant sénégalais identifié comme le principal relais local de l’organisation.
Les investigations ont révélé l’existence d’un système transnational bien organisé, impliquant des complices sénégalais et étrangers. Lors de son audition, le suspect a reconnu les faits et détaillé le fonctionnement du réseau criminel.
D’après ses déclarations, un complice de nationalité étrangère installé en Chine était chargé de produire les fausses lettres d’approbation de visas à partir d’anciens documents administratifs officiels falsifiés. Ces documents étaient ensuite utilisés pour faciliter l’entrée et le séjour irrégulier de ressortissants étrangers sur le territoire sénégalais.
Le mis en cause a expliqué qu’il assurait, pour sa part, le « service après-vente » au Sénégal. Il prenait en charge l’accueil des migrants à l’Aéroport International Blaise Diagne, leur hébergement ainsi que leur accompagnement sur place en qualité de guide.
Selon les enquêteurs, les prestations proposées par le réseau étaient facturées entre 25 000 et 30 000 FCFA par document ou démarche frauduleuse.
Face aux enquêteurs, le suspect a admis avoir pleinement conscience du caractère illégal des documents utilisés. Il a indiqué qu’il exerçait auparavant dans des démarches administratives régulières, mais qu’il avait basculé dans la fraude à la suite du durcissement des conditions d’obtention des visas et des nouvelles exigences administratives mises en place après le changement de régime.
Les services de Police soulignent que, plutôt que de se conformer à la réglementation en vigueur, le réseau a choisi de maintenir ses activités à travers l’usage de faux documents produits depuis l’étranger afin de contourner les procédures officielles.
À l’issue de sa garde à vue, le suspect a été présenté devant le Procureur de la République pour trafic de migrants, faux et usage de faux ainsi que complicité.
L’enquête se poursuit afin d’identifier d’éventuels complices opérant sur le territoire national et de remonter les ramifications internationales de cette organisation criminelle.
La Police nationale rappelle qu’elle demeure mobilisée dans la lutte contre les réseaux de criminalité organisée et invite les populations à signaler toute activité suspecte au numéro vert gratuit 800 00 17 00.

