Alors que les Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) ont officiellement lancé leurs compétitions, une controverse vient perturber le dispositif médical de l’événement. L’Association sénégalaise des kinésithérapeutes rééducateurs (Askir) a annoncé son retrait de la couverture médicale, invoquant des irrégularités dans le processus de sélection et d’accréditation des professionnels appelés à intervenir auprès des athlètes.
La décision a été prise à l’issue d’une réunion d’urgence du Bureau exécutif, tenue le vendredi 30 octobre 2026. Dans un communiqué rapporté par Vox Populi, l’organisation exprime ses préoccupations face à ce qu’elle qualifie d’« imbroglio » autour de la couverture médicale des JOJ. Elle rappelle que la kinésithérapie et la physiothérapie occupent une place essentielle dans la prise en charge des blessures et accidents sportifs sur les sites de compétition.
Au cœur des griefs de l’association figure notamment l’absence de notification officielle concernant l’accréditation ou la confirmation de la liste de ses membres présélectionnés, alors que le démarrage des activités approchait. Plus préoccupant encore, l’Askir affirme avoir constaté que certaines personnes se seraient inscrites ou auraient été enregistrées sous le titre de kinésithérapeute sans disposer du diplôme requis.
L’organisation dénonce également des tentatives de division au sein de la société savante de kinésithérapie. Elle estime que ces pratiques, auxquelles elle associe des problèmes de népotisme et un déficit d’inclusion, traduisent des insuffisances dans la gouvernance d’un dispositif pourtant lié à la santé des sportifs.
L’association met aussi en cause l’écart entre les annonces du ministère de la Santé et de l’Hygiène publique concernant les moyens mobilisés et la réalité observée sur le terrain. Elle cite notamment le service de kinésithérapie de l’hôpital de Diamniadio, où, selon elle, aucun ministre ne s’est présenté et où les professionnels n’auraient constaté ni équipements ni matériel adapté à leurs besoins.
Face à ces manquements présumés, le Bureau exécutif dit refuser de se rendre complice d’une situation qu’il juge inacceptable et décide de retirer ses membres du dispositif médical.
Tout en assumant son devoir d’information, l’Askir indique toutefois ne pas vouloir dévoiler, pour le moment, l’ensemble des faits qu’elle affirme avoir relevés. Elle invoque le souci de préserver l’image du Sénégal et de l’Afrique, ainsi que le caractère sensible de certains éléments susceptibles, selon elle, d’affecter la mobilisation autour des Jeux.

