Bassirou Diomaye Faye : « Je ne veux pas d’une jeunesse sénégalaise cliente de l’intelligence des autres »

À l’occasion de l’installation officielle du Conseil consultatif des jeunes du Sénégal, le président Bassirou Diomaye Faye a consacré une partie de son discours aux bouleversements liés à l’intelligence artificielle. Il a appelé la jeunesse sénégalaise à ne pas rester simple consommatrice des technologies développées ailleurs, mais à participer à leur conception et à leur adaptation aux réalités nationales.

La montée en puissance de l’intelligence artificielle constitue, selon le président Bassirou Diomaye Faye, un enjeu majeur pour la jeunesse sénégalaise. Lors de la cérémonie officielle d’installation du Conseil consultatif des jeunes du Sénégal, le chef de l’État a invité les jeunes à devenir des acteurs de la transformation numérique.

Selon lesoleil.sn, le président de la République a notamment mis en garde contre le risque de voir la jeunesse se limiter à consommer des technologies conçues ailleurs.

Devant une assemblée composée en grande partie de jeunes venus de différentes localités du pays, il a décrit un monde dans lequel les machines écrivent, calculent, traduisent, dessinent et diagnostiquent.

Bassirou Diomaye Faye a également souligné les transformations à venir sur le marché du travail. Certains métiers pourraient évoluer ou disparaître, tandis que de nouvelles professions apparaîtront, parfois dans des domaines qui ne sont pas encore enseignés dans les établissements scolaires.

Le chef de l’État a également évoqué les risques liés à l’utilisation de ces technologies, notamment la capacité de certaines machines à imiter une voix, fabriquer un visage ou faire dire à une personne ce qu’elle n’a jamais déclaré. Il a insisté sur le fait que les technologies d’intelligence artificielle sont développées à partir de langues et de référentiels culturels qui ne correspondent pas nécessairement aux réalités sénégalaises.

D’où son appel à disposer d’ingénieurs, de linguistes, de juristes et d’entrepreneurs capables de concevoir ces outils, de leur apprendre les langues nationales et de les adapter aux besoins du pays.

« Je ne veux pas d’une jeunesse sénégalaise cliente de l’intelligence des autres », a déclaré le président, estimant que le Sénégal devait participer à la production de cette intelligence.

Il a également fait référence au satellite conçu par de jeunes Sénégalais et à la pensée de Cheikh Anta Diop, notamment son appel à l’appropriation de la science.

Le CCJS, une promesse concrétisée

Le président Faye a par ailleurs présenté l’installation du Conseil consultatif des jeunes comme la concrétisation d’un engagement pris devant la jeunesse. Il a rappelé qu’à Thiès, le 30 mars, il avait estimé que les jeunes étaient trop souvent l’objet de décisions prises sans eux.

Le décret du 5 décembre 2025 ayant créé le Conseil, son installation marque désormais, selon lui, une nouvelle étape.

lesoleil.sn rapporte que Bassirou Diomaye Faye a insisté sur le caractère consultatif de cette structure, en faisant référence au « pénc », espace traditionnel de consultation et de décision où les jeunes avaient également leur place.

Le chef de l’État estime toutefois que le monde auquel les jeunes doivent désormais se préparer évolue à une vitesse inédite, notamment sous l’effet des nouvelles technologies

Michel DIEYE

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