Banque mondiale : 140 millions de dollars pour accélérer le désenclavement des zones agricoles du Nord et du Centre du Sénégal

Le Sénégal franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de développement territorial et de modernisation de ses infrastructures rurales. La Banque mondiale a approuvé un deuxième financement additionnel de 140 millions de dollars américains, destiné à renforcer la connectivité des zones de production agricole dans le Nord et le Centre du pays.

Ce nouvel appui financier, accordé dans le cadre du Projet de Connectivité des Zones de Production Agricoles (PCZA), vise à améliorer durablement les conditions de mobilité des populations rurales et à soutenir la transformation du secteur agricole.

Mobilisé à travers l’Association internationale de développement (IDA) et complété par une contribution de deux millions de dollars de l’État du Sénégal, ce financement porte désormais le coût global du projet à 470,8 millions de dollars. À terme, près de 570 000 personnes devraient bénéficier directement des investissements réalisés.

Selon le communiqué parvenu à notre rédaction, cette nouvelle enveloppe s’inscrit dans la continuité des résultats déjà enregistrés par le projet. Depuis son lancement, le PCZA a permis la construction ou la réhabilitation de 414 kilomètres de routes intégrant des normes de résilience climatique, tout en facilitant l’accès aux services sociaux de base pour environ 350 000 habitants vivant dans les zones concernées.

Le financement permettra désormais d’étendre les travaux à deux nouveaux corridors économiques stratégiques reliant Koussanar à Koumpentoum ainsi que Tambacounda à Dianké Makha, deux espaces où l’agriculture et l’élevage constituent les principaux moteurs de l’économie locale. L’amélioration des infrastructures routières devrait considérablement réduire les coûts de transport, limiter les pertes post-récolte et faciliter l’écoulement des productions agricoles vers les marchés nationaux.

Au-delà des routes, le projet prévoit la réalisation d’importantes infrastructures communautaires dans les localités desservies. Des plateformes de transformation agricole destinées aux groupements féminins, des magasins de stockage, des marchés ruraux, des points d’eau ainsi que des équipements scolaires et sanitaires seront construits afin d’améliorer durablement les conditions de vie des populations.

Une attention particulière sera également accordée au renforcement des capacités institutionnelles. Le projet prévoit notamment des formations en matière de sécurité routière, de gestion du patrimoine routier ainsi que l’acquisition d’outils modernes destinés à améliorer la planification et l’entretien des infrastructures.

Pour Djibrilla Issa, directeur de division de la Banque mondiale pour le Sénégal, la Mauritanie, le Cap-Vert, la Guinée-Bissau et la Gambie, l’enjeu dépasse largement la simple construction de routes. Selon lui, une meilleure connectivité constitue un puissant levier de développement économique et humain, en permettant aux producteurs d’accéder plus facilement aux marchés, aux jeunes de trouver de nouvelles opportunités d’emploi et aux populations rurales de bénéficier d’un meilleur accès aux écoles, aux structures sanitaires et aux services publics.

Aligné sur la Vision Sénégal 2050 et la Stratégie nationale de développement 2025-2029, le PCZA ambitionne ainsi de renforcer l’intégration économique des territoires, de soutenir la compétitivité des filières agricoles et de favoriser une croissance plus inclusive. À travers cette nouvelle phase, les autorités sénégalaises et leurs partenaires entendent faire des infrastructures rurales un véritable moteur de transformation économique, tout en consolidant la résilience des territoires face aux effets du changement climatique.

Michel DIEYE

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