Loi de finances rectificative : le CNDES dénonce les menaces de blocage attribuées aux députés de PASTEF

Le Conseil national des dirigeants d’entreprises du Sénégal (CNDES) exprime son indignation face aux menaces de blocage du vote de la Loi de finances rectificative (LFR) pour 2026 qu’il attribue aux députés de PASTEF. Dans un communiqué publié le 20 octobre, l’organisation patronale estime qu’une telle perspective pourrait aggraver les difficultés des ménages et fragiliser davantage un secteur privé déjà confronté à une conjoncture économique difficile.

Le débat autour de l’adoption de la Loi de finances rectificative pour 2026 suscite une vive réaction du CNDES. Dans un communiqué rendu public le 20 octobre 2026 à Dakar, l’organisation patronale dénonce ce qu’elle considère comme une attitude irresponsable des députés du groupe parlementaire PASTEF, accusés de menacer de bloquer le vote du texte budgétaire.

Pour le CNDES, une telle perspective risque de transformer un désaccord politique en crise institutionnelle aux conséquences économiques et sociales importantes. L’organisation estime que les enjeux budgétaires actuels exigent davantage de responsabilité de la part des représentants nationaux, dans un contexte marqué, selon elle, par la précarité des ménages, la cherté de la vie et la multiplication des urgences sociales.

Le communiqué soutient que l’absence d’adoption de la LFR pourrait compromettre les mécanismes budgétaires nécessaires à la prise en charge de certaines dépenses publiques. Le CNDES redoute notamment des répercussions sur le soutien aux populations et sur les capacités d’investissement de l’État.

Le secteur privé au cœur des inquiétudes

Au-delà des conséquences sociales, le CNDES alerte sur les risques que ferait peser un éventuel blocage budgétaire sur les entreprises sénégalaises. Selon l’organisation, le secteur privé national traverse déjà une période particulièrement difficile, caractérisée par des contraintes qui limitent ses capacités à créer de la richesse, à générer des emplois et à produire de la valeur ajoutée.

Dans cette perspective, l’organisation patronale considère que l’incertitude budgétaire pourrait fragiliser la confiance des partenaires économiques et ralentir l’investissement public. Elle redoute également que les entreprises, déjà confrontées à de multiples difficultés, subissent davantage les conséquences d’une paralysie des ajustements budgétaires.

Le CNDES critique ainsi ce qu’il qualifie de stratégie d’obstruction politique et estime que les différends entre acteurs politiques ne devraient pas compromettre le fonctionnement des institutions ni les intérêts économiques du pays.

Un appel à privilégier l’intérêt national

Face à cette situation, l’organisation appelle les députés de PASTEF à revoir leur position et à faire prévaloir l’intérêt général sur les considérations partisanes. Elle affirme que la représentation nationale doit rester un espace de débat démocratique et de recherche de solutions, plutôt qu’un lieu de confrontation susceptible de pénaliser les populations et les entreprises.

Le communiqué insiste sur la nécessité de trouver une issue permettant de préserver la continuité de l’action publique et de répondre aux attentes sociales. Le CNDES estime que les décisions budgétaires doivent être appréciées à l’aune de leurs conséquences sur les conditions de vie des Sénégalais et sur la capacité du secteur privé à contribuer à la croissance.

Par cette sortie, le président du CNDES, Birane Yaya Wane, place la responsabilité des parlementaires au centre du débat sur la LFR. L’organisation patronale entend ainsi alerter l’opinion publique sur les risques qu’elle associe à un éventuel blocage du texte, tout en appelant à un retour à une démarche qu’elle juge plus conforme aux exigences de responsabilité républicaine.

Pape Ismaïla CAMARA
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