Membre du mouvement Kiiraay, Mouhamed Moustapha Diagne lance un appel au dépassement des clivages politiques pour préserver les institutions et les acquis démocratiques du Sénégal. Dans une tribune critique à l’égard de l’évolution du climat politique, il préconise la constitution d’un large bloc républicain autour du président Bassirou Diomaye Faye, qu’il présente comme un garant de la Constitution et de l’État de droit.
Le débat politique sénégalais suscite de vives inquiétudes chez Mouhamed Moustapha Diagne, membre de Kiiraay. Dans une prise de position consacrée à ce qu’il considère comme un péril pour la République, il dénonce une dégradation du débat public et met en garde contre les risques d’une concentration du pouvoir politique au détriment du pluralisme démocratique.
L’auteur de la tribune estime que les espoirs nés de l’alternance ont progressivement laissé place à des interrogations sur le fonctionnement des institutions. Il met notamment en cause ce qu’il décrit comme des tentatives de mise sous influence de la justice et des arrestations visant des acteurs politiques, des professionnels des médias et des membres de la société civile.
Dans son analyse, Mouhamed Moustapha Diagne évoque le risque de voir émerger un « Parti-État », dans lequel la domination d’une formation politique fragiliserait les contre-pouvoirs et les libertés publiques. Il attribue une part importante de ces inquiétudes à l’évolution des rapports politiques au sein de la mouvance issue de l’alternance.
Le climat du débat public en question
Au-delà des institutions, le membre de Kiiraay déplore une détérioration du climat social et politique. Il estime que les invectives, le populisme et la violence verbale, notamment amplifiés par les réseaux sociaux, ont progressivement pris le pas sur la courtoisie républicaine.
Cette confrontation permanente risquerait, selon lui, d’affaiblir les mécanismes traditionnels de régulation sociale, notamment les familles religieuses, les confréries et les autorités coutumières. Il appelle ainsi les acteurs politiques à mesurer les conséquences de leurs affrontements sur la cohésion nationale.
Diomaye Faye présenté comme un rempart institutionnel
Le positionnement du président Bassirou Diomaye Faye constitue un élément central de cette tribune. Mouhamed Moustapha Diagne considère que le chef de l’État a choisi de prendre ses distances avec les courants les plus radicaux de sa propre mouvance afin de privilégier la Constitution et l’intérêt supérieur de la nation.
Il présente cette posture comme un acte de courage politique, estimant que la responsabilité présidentielle doit primer sur les fidélités partisanes. Dans cette lecture, la principale ligne de fracture ne se situerait plus uniquement entre pouvoir et opposition, mais entre les défenseurs des acquis démocratiques et ceux qu’il considère comme favorables à une évolution autocratique du système.
Pour un grand bloc républicain
Face à cette situation, Mouhamed Moustapha Diagne appelle les socialistes, les libéraux, les conservateurs, les mouvements citoyens, les jeunes et les anciens à dépasser leurs différends pour construire un front commun autour de la préservation des institutions.
L’objectif de cette initiative serait de défendre les libertés publiques, l’indépendance de la justice et le pluralisme politique. En appelant à une union autour du président de la République, l’auteur entend faire de la sauvegarde du modèle démocratique sénégalais une priorité dépassant les appartenances partisanes.
Son message repose sur une conviction : la préservation des libertés et de l’État de droit doit constituer un combat partagé par toutes les générations. Il conclut en appelant à une mobilisation républicaine destinée à préserver l’unité nationale et à empêcher, selon son analyse, toute dérive susceptible de fragiliser les fondements démocratiques du Sénégal.
Correspondance particulière de
Al Sal

