Le député Guy Marius Sagna dénonce l’absence de demande officielle du Sénégal pour obtenir la restitution de restes humains de résistants sénégalais conservés en France. Dans un message publié sur ses réseaux sociaux, il réclame un bilan des démarches déjà entreprises, l’identification des restes concernés et un calendrier précis pour engager les procédures nécessaires.
La question de la restitution des restes humains de résistants sénégalais conservés en France revient au centre du débat public. À la suite d’une question écrite adressée au gouvernement, le député Guy Marius Sagna affirme avoir reçu une réponse dans laquelle les autorités reconnaissent n’avoir formulé aucune demande officielle de restitution.
Dans son post, l’élu souligne également que le gouvernement affirme n’avoir reçu ni requêtes de descendants ni recommandations de chercheurs sur ce dossier. Une réponse qui suscite son incompréhension : selon lui, l’absence de sollicitations extérieures ne saurait dispenser l’État de prendre lui-même l’initiative des recherches.
Guy Marius Sagna interroge ainsi le rôle joué par la Direction du patrimoine culturel (DPC), les institutions scientifiques et les services diplomatiques. Il demande notamment quelles recherches ont été commandées, quelles instructions ont été données et quels résultats ont été obtenus.
Six crânes offerts au musée Broca en 1891
Le député rappelle qu’en 1891, le commandant Émile Roux avait offert six crânes au musée Broca, à Paris. Selon les éléments qu’il rapporte, cinq d’entre eux appartenaient à des hommes exécutés à Bakel le 25 janvier 1891. Si le nom du donateur figure dans les archives, l’identité des six personnes décédées n’y serait pas précisée, et leur localisation actuelle reste à établir.
L’élu évoque également une information publiée le 8 octobre 2026 par le journal Le Monde, selon laquelle le Muséum national d’histoire naturelle aurait recensé au moins 106 restes humains d’origine sénégalaise. Ce décompte serait encore provisoire.
Pour Guy Marius Sagna, ces éléments justifient l’ouverture de vérifications officielles afin de localiser et d’identifier les restes concernés. Il demande par ailleurs des éclaircissements sur les travaux de la commission spéciale installée en 2021 pour examiner la restitution des collections sénégalaises conservées à l’étranger, notamment sur la prise en compte des restes humains.
Un calendrier de restitution réclamé
Le député rappelle que la législation française permet, depuis décembre 2023, aux États de demander la restitution de restes humains à des fins funéraires. Il cite le cas de Madagascar, qui a obtenu en août 2025 la restitution de trois crânes.
Sur cette base, il entend demander au gouvernement de communiquer le bilan des travaux de la DPC et des autres services compétents, ainsi que les conclusions de la commission de 2021. Il souhaite également que des vérifications soient engagées auprès des institutions françaises et que les responsables du dossier soient désignés, avec un calendrier pour les premières demandes officielles.
Guy Marius Sagna envisage en outre de proposer à l’Assemblée nationale la mise en place d’une mission d’information parlementaire. Celle-ci permettrait, selon lui, d’examiner les dossiers, de contrôler les démarches effectuées et d’en suivre les résultats.
Des sépultures dignes plutôt qu’une simple question patrimoniale
Le député marque enfin son désaccord avec une approche qui consisterait à envisager le retour des restes humains uniquement comme un transfert vers le patrimoine national. À ses yeux, ces personnes ne doivent pas être assimilées à de simples biens culturels déplacés d’une collection à une autre.
Il estime que leur restitution doit avant tout permettre une sépulture digne et l’organisation des honneurs qui leur sont dus, dans le respect des familles et des communautés concernées.
Alors que le gouvernement affirme qu’aucun effort ne sera ménagé, Guy Marius Sagna réclame des réponses concrètes sur les initiatives déjà engagées, les responsabilités et les échéances. Il invite également les citoyens à lui transmettre leurs critiques et suggestions afin d’alimenter son action parlementaire sur ce dossier.

