Poursuivi dans une affaire de détournement et de corruption présumée de mineure, un mécanicien de 22 ans a été relaxé par le tribunal des flagrants délits de Pikine-Guédiawaye. À l’audience, sa compagne, enceinte de dix semaines, a affirmé être âgée de 18 ans et entretenir une relation consentie avec lui. L’absence de document officiel établissant sa minorité a également pesé dans le dossier, selon le récit de L’Observateur.
L’affaire, qui avait éclaté dans la nuit du 14 au 15 septembre 2026, a connu un dénouement inattendu à l’audience du tribunal des flagrants délits de Pikine-Guédiawaye. A. Diallo, un mécanicien de 22 ans, poursuivi après une plainte de séquestration et de viol suivi de grossesse, a finalement été relaxé.
À l’origine du dossier, le père de la jeune fille, identifié comme W. Barry, s’inquiétait de l’absence prolongée de sa fille du domicile familial. Il aurait entrepris de la rechercher avant de se rendre, vers minuit, à Diamaguène, devant la chambre du mécanicien. Selon ses déclarations, il aurait découvert sa fille dans la pièce et accusé le jeune homme de la retenir contre son gré. Une altercation aurait alors éclaté, nécessitant l’intervention de voisins.
Conduite au poste de police, la jeune fille a fait l’objet d’une réquisition médicale adressée au centre de santé Khadimou Rassoul de Mbao. L’examen a révélé une grossesse estimée à dix semaines. Le mécanicien a ensuite été interpellé et placé en garde à vue avant d’être déféré au parquet.
Mais à l’audience, la jeune femme a livré une version différente de celle qui avait conduit à l’ouverture de la procédure. D’après L’Observateur, elle a affirmé être âgée de 18 ans et a déclaré qu’elle aimait toujours le prévenu. Elle a également soutenu qu’elle se rendait de son plein gré dans la chambre du mécanicien, réfutant l’idée d’une relation imposée.
Interrogé sur les raisons de son opposition à cette relation, le père aurait reconnu avoir envisagé le mariage de sa fille avec un autre homme. La jeune femme, elle, ne souhaitait pas cette union. Le mécanicien aurait, de son côté, tenté d’engager une démarche officielle en envoyant un ami demander sa main, mais cette initiative se serait heurtée au refus catégorique du père.
Un autre élément a pesé dans les débats : aucun document officiel d’état civil établissant la minorité de la jeune fille n’aurait été produit par l’accusation. Elle a aussi déclaré avoir fait croire au mécanicien qu’elle était majeure.
S’appuyant sur ces éléments, la défense a demandé la relaxe du prévenu. Le tribunal a suivi cette plaidoirie. Le père a renoncé à réclamer des dommages et intérêts, demandant plutôt au jeune homme d’assumer ses responsabilités envers sa fille et l’enfant à naître. Selon le compte rendu de L’Observateur, A. Diallo a pris cet engagement à l’audience.
Cette décision repose sur les éléments examinés au cours de cette procédure et ne saurait être interprétée comme une validation générale de relations impliquant des personnes mineures. L’établissement de l’âge et les circonstances précises des faits demeurent des éléments déterminants dans ce type de dossier.

