Programme avec le FMI : les syndicats exigent un redressement sans austérité sociale sur le dos des travailleurs

Le Front syndical pour la défense du travail (FSDT) accueille avec prudence le nouvel accord conclu entre le Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI). Tout en reconnaissant la nécessité d’un redressement des finances publiques, la centrale syndicale prévient que les efforts ne doivent pas être supportés principalement par les travailleurs et les populations.

Dans un communiqué publié le 7 septembre, le FSDT, cité par EnQuête, dit prendre acte de l’accord conclu le 1er septembre entre l’État du Sénégal et le FMI. Le programme envisagé porte sur une durée de 36 mois et un financement d’environ 2,2 milliards de dollars, soit près de 1 245 milliards de FCFA, sous réserve de l’approbation des instances dirigeantes du Fonds.

Pour le syndicat, cet accord intervient dans un contexte particulièrement difficile pour les finances publiques, marqué notamment par la pression de la dette et la nécessité de restaurer la crédibilité financière du Sénégal.

Le FSDT reconnaît donc la nécessité de consolider les comptes publics. Mais, comme le rapporte EnQuête, il pose une condition essentielle : le redressement ne doit pas déboucher sur une politique d’austérité faisant peser l’essentiel de l’effort sur les travailleurs et les populations.

Pouvoir d’achat, emploi et services publics

La centrale réclame une répartition équitable des efforts et insiste sur la préservation du pouvoir d’achat, de l’emploi et des services publics essentiels.

Le FSDT relève que le programme annoncé comporte également des engagements en matière d’augmentation des dépenses sociales et de soutien à une croissance durable portée par le secteur privé. Pour les syndicats, ces orientations doivent maintenant être traduites dans les politiques publiques et les budgets.

L’éducation, la santé, la protection sociale, l’assainissement, le logement social et l’emploi figurent parmi les secteurs auxquels le syndicat demande au gouvernement d’accorder une attention particulière.

Les syndicats réclament davantage de transparence

Le FSDT demande par ailleurs davantage de transparence sur les mesures et conditionnalités liées au nouvel accord avec le FMI. Il souhaite être régulièrement informé de la mise en œuvre du programme.

Pour la centrale, les travailleurs ne sauraient être écartés de décisions susceptibles d’avoir des conséquences directes sur leurs conditions de vie et de travail. Elle plaide ainsi pour que le dialogue social occupe une place centrale dans le processus de consolidation des finances publiques, conformément aux engagements pris dans le cadre du Pacte national de stabilité sociale.

La vigilance syndicale portera notamment sur les salaires, l’emploi, les pensions de retraite, les subventions aux produits de première nécessité, les services publics et les droits sociaux.

Tout en se disant disponible pour participer à la recherche de solutions durables à la crise économique et financière, le FSDT prévient qu’il n’acceptera pas que les travailleurs supportent l’essentiel du coût du redressement.

Pour EnQuête, qui rapporte cette position syndicale, le message du FSDT est donc sans ambiguïté : la consolidation des finances publiques doit impérativement aller de pair avec la protection sociale, le pouvoir d’achat et un véritable dialogue avec les partenaires sociaux.

Mamadou Nancy Fall
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