Plus de trois ans après la mort à Dakar de l’homme d’affaires mauritanien Hamada El Hamed Nanni, sa famille entend poursuivre son combat pour faire toute la lumière sur les circonstances du décès. Décédé le 5 février 2023 à l’âge de 70 ans, le ressortissant mauritanien, né le 31 décembre 1952 à Aioun, avait laissé derrière lui des proches toujours en quête de réponses judiciaires.
Selon des documents officiels sénégalais versés au dossier familial, les constatations médicales effectuées après le décès font état de blessures particulièrement graves. Dans un procès-verbal établi le 6 février 2023 par le commissariat d’arrondissement de Bel-Air, à l’occasion de la mise en bière, la Police nationale indique avoir pris connaissance du certificat de genre de mort délivré par le service d’Anatomie et de Cytologie pathologique de l’Hôpital général Idrissa-Pouye.
Le document médical attribue le décès à un « polytraumatisme cranio-facial contondant et ouvert ». Il fait notamment état de quatre plaies contuses du cuir chevelu temporo-pariétal droit, de fractures temporales, de lésions cérébrales, d’une fracture ouverte de la mandibule, d’une fracture du nez ainsi que d’hémorragies interne et externe, rapporte Sud Quotidien.
La famille assure ne pas remettre en cause le travail accompli par les policiers et les médecins intervenus dans les premières étapes de l’enquête. Elle dit, au contraire, reconnaître le sérieux des constatations effectuées. C’est justement au regard de ces éléments qu’elle s’interroge sur l’évolution de la procédure judiciaire.
D’après les informations communiquées par les proches, l’auteur présumé des faits aurait été condamné en première instance à douze ans d’emprisonnement, assortis d’une amende de 100 millions de francs CFA. Mais cette peine aurait ensuite été ramenée à cinq ans de prison en appel, alors que le condamné aurait déjà passé près de trois années en détention.
Une situation que la famille juge difficilement compréhensible au regard de la gravité des faits. « Cinq ans d’emprisonnement peuvent-elles être considérées comme une réponse proportionnée lorsqu’une vie humaine a été brutalement arrachée dans de telles circonstances ? », s’interroge-t-elle.
Les proches de Hamada El Hamed Nanni tiennent toutefois à préciser que leur démarche ne procède d’aucune volonté de vengeance. Ils disent ne réclamer ni justice expéditive ni traitement de faveur, mais souhaitent que l’affaire soit examinée avec toute l’attention requise et que les voies de recours prévues par la loi puissent être pleinement exercées.
La famille annonce ainsi son intention de poursuivre ses démarches auprès des juridictions compétentes, notamment devant la Cour suprême, afin d’obtenir, selon ses propres termes, « toute la lumière » sur cette affaire.
Elle entend également sensibiliser la société civile sénégalaise, les juristes, les défenseurs des droits humains et toutes les personnes attachées au respect de l’État de droit, souligne Sud Quotidien.

