Loi d’amnistie : le débat sur son abrogation ressurgit après le retour de Macky Sall

Le retour au Sénégal de l’ancien président Macky Sall, dans le cadre de sa campagne pour le poste de Secrétaire général des Nations unies, a ravivé le débat sur la loi d’amnistie adoptée en mars 2024. Plusieurs voix s’interrogent désormais sur les raisons pour lesquelles cette loi, vivement combattue par le Pastef lorsqu’il était dans l’opposition, n’a toujours pas été abrogée malgré la majorité dont dispose aujourd’hui le parti au pouvoir.

Selon une analyse publiée par Tribune, cette question revient avec insistance alors que les partisans du Pastef continuent d’exiger justice pour les victimes des manifestations survenues entre 2021 et 2024. Pourtant, près de deux ans après l’arrivée au pouvoir du président Bassirou Diomaye Faye, les attentes exprimées durant la campagne électorale peinent à se concrétiser.

À son accession à la magistrature suprême, Bassirou Diomaye Faye avait fait de la manifestation de la vérité et de l’indemnisation des victimes une priorité nationale. Toutefois, les procédures judiciaires attendues n’ont toujours pas été engagées et les indemnisations annoncées demeurent limitées, alimentant les interrogations de l’opinion.

Le rappel des prises de position d’Ousmane Sonko renforce ces critiques. Alors qu’il était détenu, l’actuel président de l’Assemblée nationale s’était opposé à l’adoption de la loi d’amnistie, estimant qu’aucun texte ne devait permettre d’effacer les responsabilités liées aux violences ayant causé la mort de nombreux manifestants. Durant la campagne des élections législatives anticipées de novembre 2024, il avait également promis qu’une majorité parlementaire du Pastef entraînerait son abrogation.

Par la suite, lors de sa Déclaration de politique générale en décembre 2024, Ousmane Sonko, alors Premier ministre, avait annoncé la préparation d’un projet de loi visant à supprimer ce dispositif législatif, afin de permettre à la justice d’établir les responsabilités concernant les événements pré-électoraux.

À ce jour, cette promesse n’a toutefois pas été suivie d’effet. À la place, seule une loi interprétative, proposée par le député Amadou Ba du Pastef, a été adoptée. Pour les détracteurs du gouvernement, cette initiative reste insuffisante pour répondre aux attentes des familles des victimes et des organisations réclamant vérité et justice.

Le débat, relancé par l’actualité politique, continue ainsi d’alimenter les discussions sur la portée de la réconciliation nationale, les exigences de justice transitionnelle et les engagements pris par les nouvelles autorités.

Mamadou Nancy Fall
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