Dette publique : Guem Sa Bopp oppose les chiffres officiels au discours du pouvoir et réclame une transparence intégrale

À la suite de la publication par le ministère des Finances et du Budget du Bulletin statistique de la dette publique couvrant la période 2019-2024, le Mouvement Guem Sa Bopp estime que ce document apporte un éclairage nouveau sur un dossier qui a nourri de vifs débats politiques ces derniers mois.

Dans un communiqué rendu public par sa Cellule stratégique des Cadres Jambaars, la formation dirigée par Bougane Guèye Dany soutient que les données officielles privilégient une lecture technique de l’endettement de l’État plutôt qu’une interprétation politique. Le mouvement appelle désormais à une transparence permanente sur la gestion des finances publiques.

Le débat autour de la dette publique sénégalaise connaît un nouveau rebondissement. Après plusieurs mois de controverses alimentées par les déclarations des autorités sur l’existence présumée d’une « dette cachée » ou encore d’une « dette odieuse », le Mouvement Guem Sa Bopp estime que la publication du Bulletin statistique de la dette publique 2019-2024 ouvre une nouvelle phase, celle de « la vérité documentaire ».

Dans un communiqué publié par la Cellule stratégique des Cadres Jambaars, le mouvement rappelle avoir réclamé officiellement, bien avant cette publication, la diffusion de ce document ainsi que celle des conclusions de l’audit confié au cabinet international Forvis Mazars. Selon Guem Sa Bopp, cette publication, bien que tardive, constitue un pas important vers une meilleure transparence dans la gestion des finances publiques.

Le mouvement souligne toutefois que le principal enseignement du Bulletin réside dans le caractère essentiellement technique du travail réalisé. À ses yeux, les chiffres publiés traduisent avant tout un exercice de consolidation, de réconciliation et de fiabilisation des données relatives à l’endettement de l’État, avec l’appui du cabinet Forvis Mazars. Une démarche qui, selon les Cadres Jambaars, relève des normes internationales de comptabilité publique et ne saurait être assimilée automatiquement à une dissimulation volontaire.

Une lecture différente de la polémique sur la « dette cachée »

Guem Sa Bopp conteste ainsi le récit développé ces derniers mois autour d’une supposée dette dissimulée. Le mouvement estime que le Bulletin montre plutôt une intégration progressive des engagements financiers des entreprises publiques et des autres entités relevant du secteur parapublic dans le calcul global de la dette publique.

Selon les données reprises dans le document officiel, la dette du secteur parapublic est passée de 816 milliards de francs CFA en 2019 à 1 917 milliards de francs CFA en 2024, tandis que l’encours global de la dette publique atteint 25 583 milliards de francs CFA, soit 128,6 % du produit intérieur brut, selon le périmètre statistique retenu.

Pour Guem Sa Bopp, ces chiffres illustrent davantage un élargissement du champ de consolidation comptable qu’une preuve juridique de l’existence d’une « dette cachée » ou d’une « dette odieuse ». Le mouvement considère que de telles qualifications nécessitent des démonstrations techniques, juridiques et financières beaucoup plus approfondies que de simples déclarations politiques.

Les conséquences économiques d’une communication jugée alarmiste

Au-delà des chiffres, les Cadres Jambaars s’inquiètent des effets que le débat politique autour de la dette pourrait avoir sur l’économie nationale. Le communiqué estime que les discours insistant sur une situation financière présentée comme particulièrement préoccupante ont pu affecter la confiance des investisseurs, dégrader la perception du risque Sénégal et compliquer les perspectives du secteur privé.

Pour le mouvement, la crédibilité financière d’un pays repose autant sur la solidité de ses fondamentaux économiques que sur la qualité de sa communication institutionnelle. Une stratégie fondée sur la défiance permanente pourrait, selon lui, avoir des répercussions sur le coût du financement de l’État et sur les décisions d’investissement.

Guem Sa Bopp appelle ainsi les autorités à privilégier une communication fondée sur les données vérifiées, les analyses techniques et les documents officiels, plutôt que sur des formules susceptibles d’alimenter l’incertitude.

Le pouvoir invité à rendre compte de sa propre gestion

Le mouvement estime par ailleurs que le débat ne peut plus porter uniquement sur l’héritage financier laissé par les précédents gouvernements. Il considère que l’exécutif actuel sera désormais évalué sur sa capacité à assurer une gestion efficace des finances publiques, à maîtriser le poids du service de la dette et à proposer une stratégie crédible de refinancement.

Selon Guem Sa Bopp, les Sénégalais attendent désormais des résultats concrets en matière de croissance, de création d’emplois et d’amélioration des conditions de vie, plutôt qu’une succession d’explications sur la situation héritée.

Des exigences en matière de transparence

Dans cette perspective, la Cellule stratégique des Cadres Jambaars formule plusieurs recommandations. Elle demande notamment la publication du Bulletin statistique de la dette couvrant la période 2024-2026, la communication détaillée sur les nouvelles levées de fonds opérées depuis l’arrivée des nouvelles autorités, les conditions financières de ces emprunts, les garanties accordées par l’État ainsi que l’évolution des passifs contingents.

Pour Guem Sa Bopp, la transparence ne saurait être ponctuelle ou sélective. Elle doit devenir une règle permanente de gouvernance permettant aux citoyens, aux partenaires techniques et financiers ainsi qu’aux investisseurs de disposer d’une information complète et actualisée sur la situation des finances publiques.

En conclusion, le mouvement affirme que le Bulletin statistique de la dette 2019-2024 doit servir de base à un débat économique plus serein, fondé sur les faits, les données vérifiées et les responsabilités institutionnelles. Selon les Cadres Jambaars, le Sénégal gagnerait à substituer aux affrontements politiques une culture de la reddition de comptes, de la transparence et de l’évaluation objective des politiques publiques.

Mamadou Nancy Fall
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