43 morts par noyade en moins d’un mois : les maîtres-nageurs lancent un cri d’alarme, l’État appelé à agir en urgence

Face à la recrudescence des noyades sur le littoral sénégalais, l’Association des maîtres-nageurs, sauveteurs et surveillants de baignade du Sénégal tire la sonnette d’alarme. En moins d’un mois, 43 personnes ont perdu la vie sur plusieurs plages de la Grande-Côte. Les professionnels dénoncent le manque criant de dispositifs de surveillance et réclament une intervention urgente des autorités afin d’éviter de nouveaux drames.

L’hivernage et les fortes houles ramènent chaque année leur lot de drames sur les côtes sénégalaises. Mais cette fois, les chiffres avancés par l’Association des maîtres-nageurs, sauveteurs et surveillants de baignade du Sénégal sont particulièrement préoccupants. En moins d’un mois, 43 personnes ont trouvé la mort par noyade sur plusieurs plages de la Grande-Côte, une situation que les professionnels jugent alarmante et qui, selon eux, aurait pu être en partie évitée grâce à une meilleure organisation des secours.

Selon les informations rapportées par le quotidien Tribune, le secrétaire général de l’association, Souleymane Dia, estime que le dispositif actuel de sécurisation des plages est largement insuffisant au regard de l’affluence enregistrée, notamment durant la saison estivale.

Une série noire qui touche plusieurs plages de la Grande-Côte

Les décès recensés concernent plusieurs sites très fréquentés, notamment les plages de Cambérène 2, Hamo 4 et 6, Malibu, Wakhinane Nimzatt, Gadaye, Malika, Tivaouane Peulh ainsi que le Lac Rose.

Pour l’association, ces chiffres traduisent une véritable urgence de santé publique. Les professionnels du sauvetage estiment que la majorité de ces plages restent dépourvues de personnel qualifié chargé de la surveillance des baigneurs.

À les en croire, seules les plages de Malika et de Malibu bénéficient aujourd’hui d’une présence régulière de sauveteurs, et encore, grâce à des volontaires qui exercent leur mission sans rémunération.

Des sauveteurs absents, des pompiers insuffisamment équipés

L’association regrette que les collectivités territoriales n’accordent plus les moyens nécessaires aux maîtres-nageurs, pourtant spécialement formés pour intervenir en milieu aquatique.

Souleymane Dia dénonce également la situation des sapeurs-pompiers affectés sur le littoral. Selon lui, il est anormal qu’un seul élément soit amené à assurer la surveillance d’un vaste linéaire côtier, sans équipement adapté aux opérations de sauvetage en mer.

Les maîtres-nageurs rappellent que les interventions en milieu marin nécessitent des compétences spécifiques, des équipements dédiés ainsi qu’une présence permanente sur les plages à risque.

Un protocole d’accord qui peine à produire des résultats

L’association rappelle qu’un protocole d’accord avait pourtant été signé par la Direction de la Protection civile afin de mettre en place une gestion concertée de la sécurité des plages.

Ce dispositif devait associer les mairies, les préfectures, les ministères concernés, le Groupement national des sapeurs-pompiers ainsi que les maîtres-nageurs autour d’une stratégie commune de prévention et d’intervention.

Cependant, plusieurs mois après sa signature, les acteurs de terrain disent ne constater aucune amélioration notable.

Ils estiment que les engagements pris tardent à être concrétisés, alors même que les accidents continuent de se multiplier sur les plages les plus fréquentées du pays.

Un appel pressant aux autorités

Face à cette situation, l’Association des maîtres-nageurs, sauveteurs et surveillants de baignade du Sénégal appelle les pouvoirs publics à prendre des mesures immédiates.

Elle plaide notamment pour le recrutement de maîtres-nageurs professionnels, leur déploiement sur l’ensemble des plages à forte fréquentation, leur dotation en matériels de secours modernes ainsi que la mise en œuvre effective du protocole signé avec la Direction de la Protection civile.

Les responsables de l’association insistent également sur la nécessité de renforcer les campagnes de sensibilisation auprès des populations, particulièrement des jeunes, sur les dangers liés à la baignade dans les zones non surveillées et durant les périodes de forte houle.

Selon le quotidien Tribune, les professionnels du sauvetage estiment qu’en l’absence d’une réaction rapide des autorités, le bilan humain risque malheureusement de continuer à s’alourdir au cours des prochaines semaines, alors que la saison des baignades bat son plein.

Mamadou Nancy Fall
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