Sénégal : de meilleurs marchés pour tous grâce à la politique de la concurrence (le résumé du rapport de la Banque Mondilale)

La croissance économique du Sénégal a augmenté de plus de 6 pour cent depuis 2015 – et la tendance devrait se poursuivre en 2018 et au-delà. La croissance a atteint 6,2 pour cent en 2016 et 7,2 pour cent en 2017, tirée par le secteur primaire, avec environ 13 pour cent de croissance et stimulée par la pêche et l’agriculture.

Le secteur secondaire a également connu une croissance rapide de 4,5 pour cent soutenue par les industries alimentaires, chimiques et extractives (phosphates et or). Les services ont progressé de 6,6 pour cent grâce aux services financiers, de transport et d’intermédiation. Les réformes en cours, des investissements totaux plus élevés et des conditions climatiques favorables contribuent à expliquer ces performances.

Les risques à la baisse comprennent la hausse des prix d’importation du pétrole et de produits alimentaires. La recherche de solutions aux défis macroéconomiques du Sénégal, notamment le soutien à une croissance élevée, permet de mieux comprendre les contraintes microéconomiques qui affectent les secteurs clés.

Les politiques macro-budgétaires ont soutenu la croissance, et le Sénégal bénéficie d’autres facteurs, tels que sa position côtière et ses 1500 km de réseau de fibre optique. Cependant, les contraintes structurelles compromettent l’efficacité de l’investissement et la croissance soutenue.

Par exemple, malgré les récentes tendances positives, la croissance de l’agriculture a été lente et volatile, et les gains de productivité se sont raréfiés, malgré le potentiel élevé du secteur et sa part importante d’emplois. De plus, le pays ne tire pas pleinement parti des infrastructures existantes.

C’est le cas des infrastructures des technologies de l’information et de la communication (TIC), notamment le réseau de fibre optique. L’un des principaux défis pour le Sénégal consiste à entreprendre des réformes structurelles pour réduire sa vulnérabilité aux chocs exogènes, favoriser la diversification économique et traduire une croissance économique soutenue en création d’emplois et en réduction de l’extrême pauvreté . Dans un récent diagnostic de croissance, la Millennium Challenge Corporation (MCC) a identifié des risques microéconomiques, tels qu’un environnement réglementaire imprévisible et inefficace, parmi les contraintes à la croissance .

Dans sa revue au titre de l’article IV, le FMI a averti que « pour que la croissance soit soutenue, de nouvelles réformes sont nécessaires pour améliorer l’environnement des affaires et créer un espace économique pour les investissements privés nationaux et étrangers » .

S’appuyant sur la Trousse à outils d’évaluation des politiques de concurrence et des marchés (MCPAT) (Encadré 1) du Groupe de la Banque mondiale, la présente évaluation vise à répondre aux besoins de réforme microéconomique du pays et à identifier des solutions pro-concurrence viables pour améliorer les résultats des initiatives gouvernementales en cours.

Plus spécifiquement, le présent rapport passe en revue l’état des politiques de concurrence et leur efficacité pour la promotion de marchés fonctionnels et une allocation plus efficace des ressources au Sénégal. Il donne un aperçu du caractère restrictif des réglementations et des politiques gouvernementales qui affectent les marchés de produits dans l’économie et dans deux secteurs sélectionnés (secteurs de l’arachide et des télécommunications) ainsi que de l’efficacité du cadre concurrentiel et antitrust.

Une concurrence accrue est possible via un cadre de politique de la concurrence détaillé qui comprend un ensemble de politiques et de lois veillant à ce que la concurrence sur le marché ne soit pas restreinte de manière à réduire le bien-être économique .

Momar Diack SECK
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