Règles de la Bonne Gouvernance : Et si en réalité nos dirigeants n’en savaient rien ?

Le divorce permanent entre la politique et l’éthique n’est plus à démontrer. Depuis des décennies déjà,  on constate que ces deux concepts, qui à l’origine,  étaient  indissociables, s’opposent de plus en plus.

La conséquence immédiate de cette séparation continue, se traduit dans la réalité par une déchéance « homicide » des mœurs.   On est même arrivé à un stade où l’on pense que faire de la politique est une aubaine uniquement pour gravir les échelons, se faire une place sous le soleil et s’assurer de lendemains juteux et paisibles, loin, à l’abris des tourments quotidiens de la vie.

Autrement dit, la politique est juste perçue, par beaucoup, que je qualifierai d’esprits peu éclairés, comme un moyen de se faire un nom, avec à la clé, une belle vie et une certaine notoriété  au plan social.

Un œil averti saurait identifier certaines de ces « âmes » mal éclairées, car elles aiment occuper les premières places, lors de grandes rencontres, distribuant des  billets de banque à tout va tel un guichet automatique pour se glorifier auprès des hommes. Elles foisonnent surtout à l’hémicycle où elles sont payées à ne rien faire,  si ce n’est, rivaliser d’ardeur dans l’art de la flatterie en l’honneur du chef.

On a vu des gens ici et là, festoyaient en grande pompe,  parce qu’ils ont été appelés à occuper un poste ministériel ou de PDG. D’autres encore plus débiles et  assoiffés de prestige, «pactisent avec le diable » rien que pour faire partie du cercle restreint des «  privilégiés ».

 

Avec une telle mentalité rétrograde, on ne peut que produire de piètres dirigeants dont l’agir sera toujours mû par la concupiscence, le culte de la personnalité et l’intérêt personnel. Cette manière de se comporter est tout sauf de la politique.

Sachez qu’en politique il y a une vertu. Ce n’est certes pas une vertu chrétienne ou musulmane, mais une vertu quand même. D’ailleurs, à y voir de près, la vertu en politique n’est pas aussi éloignée des autres vertus enseignées par les religions révélées.

La vertu en politique,  « c’est l’amour de la patrie et de l’égalité » (voir le sociologue  Jean-marie Tremblay). Ainsi quelle que soit la définition que l’on puisse donner à la politique : « conquête et exercice du pouvoir » ou   l’art de gouverner la cité ( Etat) …  il est clair que le socle de tout acte politique ou action gouvernementale doit être guidé par l’amour de la patrie.

Le principe de toute chose en politique, c’est l’amour de la patrie et non l’amour du parti comme on a l’habitude de le voir sous nos cieux. Souvent, on voit  des biens publics  être confiés à des « incapables »  tout simplement parce qu’ils sont de la mouvance présidentielle ou du parti au pouvoir.

Il faut que cela cesse. Et pour s’y prendre, il faut institutionnaliser les « enquêtes de moralités ».

Autre «  mal »  auquel nos dirigeants nous ont habitués, est le « laxisme ». Généralement, ils n’agissent que lorsqu’il y a urgence, pour faire un peu du «  médecin après la mort ». Le cas des désagréments causés par l’usine de Keur Momar Sarr est  encore frais dans nos mémoires pour nous prouver combien ce pays est gouverné avec légèreté. A cela s’y ajoute plus dramatique encore,  la panne de l’appareil de radiothérapie de l’hôpital Aristide Le Dantec.

Ce n’est qu’après avoir constaté le danger et les dégâts, qu’on nous annonce l’acquisition de trois nouveaux appareils de radiothérapie. Que c’est ahurissant. Gouverner, faut-il le rappeler, c’est   prévoir, mais aussi anticiper.

Il faut que les intellectuels « assermentés »  de ce pays agissent vite pour déconstruire sans relâche les mentalités. Il faut que l’on arrive à faire comprendre aux apprentis politiques que la politique n’est pas seulement «  une échelle » pour gravir les échelons dans la société, mais surtout un « sacerdoce »……pour l’amour de la patrie…..pour l’amour de la RÉPUBLIQUE.

Jean Nzalé

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