Manifestation en vue en France : face aux suicides, aux agressions et une perte de sens de leur mission, les policiers défilent ce mercredi à Paris

En proie à un ras-le-bol généralisé, les policiers descendent dans la rue. Faisant fi des distinctions de grades, de services ou de coloration syndicale, ils répondent de manière inédite à l’appel d’une vingtaine d’organisations professionnelles qui organisent ce mercredi une manifestation d’envergure, entre Bastille et République.

Selon le figaro, Pour retrouver un tel appel unitaire, il faut remonter à 2001 et à la crise provoquée par la remise en liberté de Jean-Claude Bonnal, braqueur multirécidiviste surnommé «le Chinois» et soupçonné d’être à l’origine de la mort de deux gardiens de la paix.

À en croire les leaders policiers, la mobilisation devrait être «exceptionnelle», avec 10.000 à 20.000 manifestants attendus. «Plutôt que de multiplier des actions à travers le pays, nous avons tout misé sur un événement unique dans la capitale pour ne pas diluer nos forces», explique le patron du syndicat Synergie-officiers, Patrice Ribeiro, qui évoque le «mal-être profond» qui étreint les rangs.

En surface, la grogne est alimentée par les suicides qui endeuillent les commissariats, avec un bilan de 52 morts depuis janvier. Christophe Castaner a pris le problème à bras-le-corps en musclant, le mois dernier encore, un plan de lutte énergique, mais sans enrayer l’épidémie. Par ailleurs, gardiens et gradés, officiers et commissaires sont tous remontés face à la flambée des agressions liées à ce qu’ils nomment les «ultra jaunes» et les «black blocs», qui ont transformé les centre-ville en champs de bataille. Fin août, les violences à dépositaires de l’autorité ont franchi le seuil des 23. 000 infractions déclarées, soit 15 % de plus qu’en 2018.

Derrière les causes apparentes du courroux policier se cache un malaise plus diffus et profond, potentiellement mortifère pour l’institution s’il reste négligé. Il est lié à l’essence même du métier de «flic» et à sa reconnaissance

«C’est la première fois que la profession, au bord de l’effondrement, envisage une démonstration de force unitaire sans déclencheur émotionnel lié à l’agression ou à la mort d’un collègue», renchérit David le Bars. Si l’on rajoute la «patate chaude» des quelque 23 millions d’heures supplémentaires non payées, pour lesquelles Christophe Castaner a promis de prendre «les mesures nécessaires pour apurer cette dette, qui s’élève à plus de 250 millions d’euros», la maison «police» semble bel et bien à bout de souffle.

Source lefigaro.fr

Pape Ismaïla CAMARA
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