Le Président Macky Salll et l’ONG Horizons Sans Frontières: Pour une adéquation entre la diaspora et les autorités gouvernementales

J’ai une fois posé la question à M.le Secrétaire d’Etat Souleymane Jules Diop sur les problèmes du dossier diaspora soulevés par Boubacar Seye de HSF à travers ses différentes interventions médiatiques  et non moins pertinentes. La réponse qui m’a été servie de la part d’une haute personnalité du gouvernement sénégalais m’avait beaucoup choqué. A un certain moment je me suis même culpabilisé en pensant que le “dépaysage” a créé chez moi un déphasage et une ignorance des dynamiques politiques et gouvernementales de mon pays d’origine.

Mais après de profondes observations et analyses j’ai finalement compris que le problème est que notre pays est profondément victime d’une dérive “politique politicienne”. Et j’aborde la question en m’adressant à M.Le Président Macky Sall et en me basant sur le cas de l’Ong HSF et de la gestion par nos autorités de la diaspora.

Je retourne sur la dérive de la politique politicienne et appelée “Spoil system” dans les pays anglo-saxons. La politique politicienne est celle des partis politiques ayant comme objectif principal la conquête du pouvoir et le partage des principaux postes de responsabilités et de décision.

Cela est légitime mais on parle de “spoil system” lorsque l’on écarte toutes les autres compétences et que l’on considère ennemis à abattre toutes les autres personnes non membres de son entourage de parti et même celles non engagées “politiquement”.

Naturellement la politique n’est pas seulement dans les partis et si l’on se réfère à la définition de la gestion de la cité on comprendrait que l’entrepreneuriat économique, l’associationnisme social sont aussi une forme de politique; ils ne visent pas à conquérir le pouvoir mais ils sont un support important et t un système d’alerte pour ceux qui sont chargés de prendre des décisions quotidiennes.

D’autre part le volontariat à travers les associations a besoin de terrain de communication et de dialogue avec les autorités gouvernementales et pour démontrer leur indépendance et leur autonomie de recherche, de réflexions et d’action on lui colle le terme organisation non gouvernemental et l’ong n’est ni pro-gouvernementale ni anti-gouvernementale mais le partenariat devient nécessaire entre les ONG et les autorités gouvernementales.

 

Pour des raisons électorales la politique politicienne n’a pas toujours le temps de voir et de dépasser les aspects superficiels de la gestion de la cité et c’est pourquoi elle a besoin de collaborer et d’échanger avec les autres pans de la cité que sont les associations, les ong,les chercheurs et les autres mouvements corporatistes de la société.

Pour retourner au dossier diaspora, l’application de ma réflexion précédente fait noter une inadéquation inquiétante entre les décisions politiques et les réels problèmes de la diaspora.

Boubacar Seye a maintes fois signalé à travers les radios et télévisions de notre pays les problèmes de l’émigration et fait de manière pertinente des propositions de solutions pour la gestion de ce dossier.

Je ne l’ai  jamais rencontré et ne l’ai connu ne l’ai connu qu’ à travers des communications téléphoniques mais vivant dans la diaspora et travaillant dans le secteur de l’immigration j’ai beaucoup apprécié sa démarche et j’ai pensé naïvement que le gouvernement aurait trouvé sur place au Sénégal un partenaire pouvant aider à comprendre les problèmes des sénégalais de l’extérieur et à apporter des réponses satisfaisantes. C’est vrai qu’il dénonce d’une manière forte  ces inadéquations et la réponse que lui porte nos autorités frisent parfois le scandale et le ridicule.

Et face à  lui les positions adoptées par nos autorités sont vraiment incompréhensibles et les arguments qui lui sont souvent opposés se rapportent toujours au “spoil system” que j’ai annoncé plus haut: “ on ne le connait pas”, “il ne représente pas les émigrés et ne mobilise pas dans la diaspora” et partant de là un boycott généralisé de l’ong HSF.

Je ne veux pas reprendre les différentes inadéquations signalées dans la gestion du dossier diaspora mais je note que le secteur du tourisme qui rapporte économiquement moins que celui de la diaspora est largement plus considéré et bénéficie de meilleurs traitements et attention . La décision de Macky Sall d’annuler les visas d’entrée à la suite des requêtes et pressions des opérateurs touristiques démontre nettement cet état de fait.

Le secteur de l’émigration facteur de stabilité sociale et économique mériterait plus d’attention et nécessiterait l’implication et l’inclusion de tous les fils du pays qui y opèrent.

Les différentes propositions signalées par HSF mériteraient une plus grande attention et pour celà je lance un appel à Monsieur le Président de la République et me permets de lui suggèrer modestement d’aider  à renforcer les actions des acteurs sociaux impliqués dans la lutte pour le bien-être de tous les sénégalais et au-delà de HSF, toutes les autres organisations à objet non lucratif au Sénégal. Les bénéfices seront pour le pays tout entier.

En Europe le CICR, MSF, EMERGENCY et j’en passe sont devenus des organisations mondiales de références parce que bénéficiant de soutien et d’appui des autorités politiques européennes. Et soutenir les organisations de notre pays participerait au rayonnement de son image.

Dans un autre dossier je vous présenterai les propositions que partage entièrement les éléments proposés par HSF et permettant une meilleure adéquation entre les autorités et la diaspora.

Baye Diouf

Milan-Italie

Fara Michel DIEYE

Rédacteur

Fara Michel DIEYE

Co-fondateur du site Lactuacho.com, Fara Michel DIEYE jouit de plus de 18 années d’exercice dans la profession du journalisme et de la communication. Il a été notamment Rédacteur en chef du site d’information Dakaractu.com et de l’hebdomadaire Espace Magazine, et Directeur de la Rédaction du Quotidien Rewmi et de l’hebdomadaire économique Ecofi. En savoir plus >>

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