Journée de la Solidarité Africaine : ADHA plaide pour la résolution de l’épineux problème des refugies par les dirigeants africains et plus de solidarité

Communiqué: À l’occasion de la Journée internationale des réfugiés qui coïncide depuis 2001 avec la Journée du réfugié africain du 20 juin, Action pour les Droits Humains et l’Amitié (ADHA) attire l’attention de la communauté internationale, de l’opinion publique internationale et sénégalaise et des autorités sur la situation des réfugiés.

Après adoption de la résolution 55/76 le 4 décembre 2000 par l’assemblée générale des Nations Unies de la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés.

Le réfugié est toute personne qui, « craignant avec raison d’être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un groupe social ou de ses opinions politiques, se trouve hors du pays dont elle a la nationalité et qui ne peut ou, du fait de cette crainte, ne veut se réclamer de la protection de ce pays », en vertu de la Convention de Genève de 1951 relative au statut des réfugiés ainsi que son Protocole additionnel de 1967, dont le SENEGAL est signataire, ainsi que celle de l’UA ex OUA de 1969 régissant les aspects propres aux problèmes des réfugiés en Afrique.

Qui a aussi adopté le Décret n°68-27 du 24 juillet 1968, modifié par la Loi n°75-109 du 20 décembre 1975, portant création de la Commission Nationale d’Eligibilité au statut des réfugiés, qui se trouve être l’organe gouvernemental qui octroie ou non le statut de réfugié.

Les réfugiés en quelques chiffres

D’après le Haut-commissariat des Nations unies pour les Réfugiés, actuellement des records historiquement élevés de déplacements sont enregistrés : 67,7 millions de personnes dans le monde ont été contraintes de fuir leur foyer et près de 22,5 millions d’entre elles sont devenues réfugiées dont plus de la moitié à moins de 18 ans.

Ainsi, dans le monde, il est noté 10 millions de personnes apatrides qui sont privées de nationalité et d’accès aux droits élémentaires comme l’éducation, les soins de santé, l’emploi et la liberté de circulation. Près de 28 300 personnes sont forcées de fuir leur foyer chaque jour, soit un ratio de 20 personnes déracinées par minute à cause des conflits ou des persécutions.

Le  continent qui accueille le plus de déracinés est l’Afrique avec un taux de (30%), suivi du Moyen-Orient et de l’Amérique du Nord (26%) et 17% pour l’Europe.

D’après les statistiques du nombre total des personnes relevant de la compétence du Haut Comité aux Réfugiés, nous constatons qu’il y a en Afrique centrale et des Grands Lacs 5 278 944, 10 251 963 en Afrique de l’Est et Corne de l’Afrique, 4 150 573 en Afrique de l’Ouest, 1 108 431 en Afrique du Nord et Afrique australe 498 817.

Les principaux pays d’accueil de réfugiés dans le monde sont la Turquie (2,9 millions), le Pakistan (1,4 million), le Liban (1 million), la République Islamique d’Iran (979400), l’Ouganda (940000), l’Ethiopie (791600).

Pourquoi tant de réfugiés ?

La multitude de crises non résolues et leur détérioration sévissant d’un bout à l’autre du continent (particulièrement au Burundi, Nigeria et Soudan) ont provoqué l’exode de plusieurs millions de personnes supplémentaires en 2017. Des incidents de sécurité survenus dans certaines régions de la République centrafricaine, de la République démocratique du Congo, du Mali, du Nigéria, de la Somalie, du Soudan du Sud et du Tchad, ont également aggravé la situation des personnes déjà exilées à l’étranger ou déplacées à l’intérieur de ces pays et qui n’avaient guère d’espoir de rentrer chez elles.

La situation politique et économique en Afrique de l’Ouest est dans l’ensemble relativement sûre, même si les menaces de groupes terroristes demeurent bien réelles en 2018. Cette stabilité permet une solidarité, illustrée par l’accueil des réfugiés Ghanéens au Togo, des Ivoiriens en Guinée et au Togo ainsi que des Libériens et des Sierra-Léonins et un certain nombre de réfugiés urbains de différentes nationalités dans la plupart des pays d’Afrique de l’Ouest.

Au Sénégal, 14 725 réfugiés et 3 313 demandeurs d’asile de diverses nationalités ont été enregistrés, principalement originaires de Mauritanie. Beaucoup de réfugiés choisissent le Sénégal en raison de son système politique. Malgré les efforts consentis par les autorités sénégalaises, il faut noter que les demandeurs d’asile sont confrontés à quelques difficultés liées à la procédure de détermination du statut de réfugié et la reconnaissance des documents dans certaines institutions privées.

La Guinée-Bissau et la Gambie accueillent quelque 8 500 réfugiés originaires de la région de la Casamance, au Sénégal. La majorité de ces réfugiés, qui sont arrivés il y a plus de 20 ans, sont bien installés dans des villages à travers les zones rurales car ils sont agriculteurs et partagent avec la population locale une même ethnicité ainsi que des affinités dans la culture, le mode de vie, les moyens de subsistance et la langue.

Ainsi, il y a des problèmes majeurs dans le système d’asile sénégalais auxquels il faut trouver une solution, particulièrement concernant la procédure de détermination du statut de réfugié. Des lacunes administratives et procédurales sont notées. Le délai de traitement des dossiers des demandeurs d’asile peut attendre parfois trois ans avant de recevoir une décision de la part de la Commission Nationale d’Eligibilité. Une législation qui fixerait un délai pour le traitement des demandes d’asile, serait une étape cruciale pour lutter contre cette situation.

Nos recommandations

Action pour les Droits Humains et l’Amitié encourage vivement le gouvernement sénégalais à l’inclusion des réfugiés de longue date dans la nouvelle politique de santé.  Aussi, nous recommandons :

 De voter le Projet de loi de 2012 abrogeant et remplaçant la loi n°68-27 du 24 juillet 1968 modifié par la loi n°75-109 du 20 décembre 1975 et portant statut des réfugiés

 De faciliter l’accès aux droits aux réfugiés qui optent pour l’intégration locale et de faciliter les démarches pour les réfugiés qui opteront pour un rapatriement de masse.

 Aux dirigeants Africains de s’efforcer à résoudre l’épineuse question des réfugiés en s’attaquant aux causes profondes du déracinement des populations, à savoir les conflits, les crises, les violations massives des droits humains.

 D’intégrer dans la législation un système d’aide pendant la durée de la procédure de demande d’asile.

 Aux réfugiés sénégalais vivant en Gambie et en Guinée-Bissau qui optent pour un rapatriement volontaire de recevoir une aide à la réintégration socio-économique et juridique au Sénégal.

 Enfin ADHA recommande, pour mieux prendre en charge la problématique des réfugiés, le modèle Ougandais qui facilite l’accueil, la protection mais aussi l’insertion de ces personnes vulnérables, en allouant des terres à chaque famille de réfugiés à leur arrivée, afin de construire des abris individuels et de cultiver.

Fait à Dakar, le lundi 18 Juin 2018

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