Enjeux et menaces du net sur la présidentielle 2019 : alertes et recommandations formulées par des associations d’usagers

En ce contexte électoral, l’internet peut être source de transparence et d’une participation massive des citoyens, grâce à la libre circulation et l’accès à l’information. Pour faire face à des menaces réelles ressenties, une plateforme regroupant des professionnels et usagers des TIC a formulé hier des recommandations à l’issue d’une table ronde axée sur « la protection et l’intégrité de l’internet pour des élections libres et transparentes au Sénégal ».

Selon l’analyse de Ndiaga Guèye, le président  l’Association sénégalaise des utilisateurs des TIC « Asutic », en ce contexte électoral, l’internet peut favoriser la transparence et la participation des citoyens dans le débat public, mais aussi faciliter la libre circulation et l’accès à la bonne information. Cependant avec la tendance notée d’interférences illégitimes dans les communications en ligne, des déclarations menaçantes d’agents publics et des services de sécurité, ainsi que l’adoption d’un loi sur les communications électroniques en 2018, votée par seulement 57 députés, alors que l’assemblée nationale en compte 165, des menaces de censures existent…

Entouré d’autres membres d’associations comme  « Article 19 », « Access Now », ou encore la Coalition #KeepItOn et Africtivistes, Ndiaga Guèye venait d’ouvrir en cet après-midi du mardi 19 février, un atelier-débat visant à offrir une meilleure connaissance des enjeux de l’internet, afin de formuler des recommandations pour atténuer les menaces qui gravitent autour.  Car note-il, dans un contexte identique, des pays comme le Mali, le Cameroun, ou encore le Congo, en sont arrivés à des censures et des coupures pendant les élections, suscitant beaucoup de contestations et de suspicions.

Au Sénégal, des menaces telles que des coupures totales de l’internet, des perturbations dans les services, la qualité de la connexion, ou le dernier alinéa de l’article 27 du Code qui régule le secteur, pouvant contraindre les opérateurs à prendre des mesures de gestion de trafic, (décider de passer de ce qui passe ou ne passe pas avec un penchant politique donné(, ont été détectées…

Car des incidents, des dysfonctionnements, des ouvertures tardives de bureaux de vote, ou informations embarrassantes peuvent pousser à cette censure, la presse ne pouvant pas être présente dans tous les centres du Sénégal.

Recommandations

La lueur d’espoir relevée par les acteurs est qu’au lendemain du vote de cette loi, il y a eu des discours rassurants venant des autorités, du ministre de la Justice et même du président de la République.

Pour Mandiaye Guèye de la plateforme « Africtiviste », avec la pornographie ciblant les adolescents, les discours de haine et autres, des fois la censure est une nécessité. Mais en ce contexte, la paix se construit avec une élection transparente….

C’est pourquoi, à l’issue des échanges, il a souligné qu’avec le partage de l’info, là où des faux résultats seront publiés, d’autres peuvent avoir les bons résultats. D’où l’importance du net.

Aujourd’hui, selon lui, rien n’empêche le ministère de l’intérieur qui organise et la Cena qui régule et supervise, de mettre en place une plateforme digitale où ils vont publier les résultats en temps réels. Ce sera une source fiable où les gens n’auront pas besoin d’aller voir où chercher ailleurs et l’autorité peut ainsi limiter la diffusion de fausses informations.

Pour conseils, Mandiaye Guèye relève : « avec un site du ministère de l’intérieur, des acteurs de la société civile, des proches des candidats et même des observateurs seront là au moment où les résultats seront mis à jour pour plus de crédibilité. Ce sera comme le temps où le journal officiel publiait les résultats, procès-verbal de vote, après procès-verbal. Ainsi personne ne se fatiguait, et on n’avait pas besoin de chercher une censure… »

D’autres recommandations, notamment l’abrogation du dernier alinéa de l’article 27 qui pose problème, des sanctions jugées trop lourdes pour des fautes mineures, ont aussi été formulées…

Momar Diack SECK
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