Universités sous tension : fustigeant la répression policière et la fermeture des restaurants, le FRAPP exige le retrait immédiat des forces de l’ordre

La mort tragique de l’étudiant Abdoulaye Ba, survenue à la suite d’une intervention policière sur le campus social de l’UCAD, ravive la crise universitaire. Le Front pour une révolution populaire et anti-impérialiste (FRAPP) dénonce une gestion sécuritaire qu’il juge dangereuse et irresponsable.

L’université sénégalaise est de nouveau endeuillée. Abdoulaye Ba, étudiant en deuxième année d’odontostomatologie à la faculté de médecine de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), est décédé à l’hôpital Principal après avoir été grièvement blessé lors d’un assaut des forces de l’ordre sur le campus social.

Réagissant à ce drame, le Front pour une révolution populaire et anti-impérialiste (FRAPP) a vivement dénoncé la présence récurrente de policiers armés dans les universités. Selon le quotidien L’As, le mouvement s’interroge : « Avons-nous combattu le régime de Macky Sall pour assister, tous les deux mois, au déploiement de policiers armés dans nos universités ? »
Pour le FRAPP, cette pratique constitue une grave dérive démocratique.

À la tension sécuritaire s’ajoute, selon le mouvement, une crise sociale aiguë. Depuis plus de 72 heures, l’ensemble des restaurants universitaires de l’UCAD seraient fermés sans explication officielle, privant des centaines d’étudiants de leur principal moyen d’accès à la nourriture. Une situation qualifiée d’« affamement organisé » par le FRAPP, toujours selon L’As.

Le mouvement rappelle avoir alerté les autorités, il y a deux mois déjà, sur la présence des forces de l’ordre dans les campus, sans suite concrète. « Au contraire, la situation n’a fait qu’empirer », déplore-t-il, dénonçant une politique mêlant répression sécuritaire et négligence sociale.

Face à ce qu’il considère comme une atteinte grave aux droits des étudiants, le FRAPP exige le retrait immédiat et sans conditions des forces de l’ordre, la priorité au dialogue et la réouverture immédiate des restaurants universitaires.
« L’université n’est pas une caserne. Les étudiants ne sont pas des ennemis de la République », conclut le mouvement, appelant le ministère de l’Enseignement supérieur à assumer pleinement ses responsabilités.

Oumou Khaïry NDIAYE
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