Nous souffrons ensemble, nous encaissons ensemble et nous gagnons ensemble
Des sentiments mitigés à l’issue de ce 8eme de finale difficile devant des Soudanais coriaces, fringants et bons techniciens à la fois.
Quels enseignements tirer du match ?
D’abord insister sur le fait que Pape Thiaw dispose d’un des meilleurs voire du meilleur effectif de la CAN.
De ce point de vue, nous devons être ravis de constater une certaine variété dans les profils de joueurs lancés à chaque match de même que leur complémentarité.
Résultat des courses, lorsque les attaquants comme Jackson, Ismaila Sarr ou Mané ne trouvent pas la faille, quelqu’un comme Pape Guèye arrive à réaliser un doublé historique dans un match à élimination directe.
Cela veut simplement dire que dans ce bloc sénégalais, tout le monde peut débloquer la situation. Nous sommes sur la bonne voie d’être une véritable équipe, pas seulement une constellation de talents.
Nous souffrons ensemble, nous encaissons un but ensemble et nous faisons preuve de résilience et de talent ensemble pour l’emporter au final.
Tout est donc dans l’état d’esprit surtout que l’équipe a encore montré du caractère après avoir encaissé un but matinal.
Dans le haut niveau, ce sont des valeurs à promouvoir au sein du groupe.
Dans ce match pas facile pour un sou, la délivrance est venue de Pape Guèye et d’Ibrahima Mbaye.
Le même Pape Guèye pris en grippe sur la toile par certains supporters qui lui reprochaient d’avoir livré un match quelconque contre la RDC. Une manière commode d’en faire le bouc- émissaire.
Lorsque le milieu box to box de Villareal se projette sur les phases offensives, il sait user de sa patte gauche pour faire mouche. Ce soir il en a mis deux. L’un des deux buts est la copie conforme de celui qu’il avait mis lors du match Sénégal- Gambie de la CAN ivoirienne. Autrement dit, Pape Guèye a fini de gagner ses galons de cadre de la tanière par son talent, son abnégation et sa capacité à apporter une plus- value dans notre marche vers le but adverse.
Quid d’Ibrahima Mbaye qui a finalement mis à l’abri le Sénégal ? Sa production XXL en l’espace de quelques minutes apporte du grain à moudre au coach et à tous ces analystes qui croient que ce garçon est impactant dans son rôle de joker de luxe en sortie de banc au moment où les défenseurs adverses sont cramés.
D’autres grosses satisfactions à ne pas occulter à savoir :
Sadio Mané auteur d’une passe décisive et d’un rayonnement non négligeable sans oublier Habib Diarra qui a apporté un bol d’air en termes de créativité dans l’entre- jeu.
Krépin Diatta, souverain dans ce rôle de piston droit qui lui va comme un gant.
En revanche, lorsqu’on évoque le match énorme d’Édouard Doudou Mendy, on met carrément en lumière les errements défensifs qui ont failli nous coûter cher.
Contre des sélections d’une plus grande envergure que le Soudan ( Maroc, Égypte, Côte d’Ivoire etc) nous risquons de payer cash ses problèmes de repositionnement défensif.
À la décharge du coach, l’absence de Kalidou Koulibaly a été durement ressentie. Le capitaine des Lions est plus qu’un défenseur central. C’est un Leader qui joue pratiquement le rôle d’aboyeur pour remettre de l’ordre dans la maison lors des moments difficiles.
Mais il ne faut pas oublier également que les Soudanais qui ont joué contre le Sénégal ne sont pas des faire-valoir. Certains supporters- fans sont exactement dans l’émotion et la condescendance lorsqu’ils caricaturent le Soudan sous les traits d’une équipe- Nawetane.
Ceux qui suivent les compétitions africaines de clubs savent bien que des formations comme El Hilal et El Merriekh parviennent souvent à se qualifier en phases finales de champions League africaine ou de coupe de la CAF.
Ce qui explique la compétitivité, le talent et les capacités d’adaptation de ces joueurs Soudanais qui nous ont donné du fil à retordre.

