Trafic de drogue, migration clandestine :contre la criminalité transfrontalière, l’Est et le Sud du Sénégal sous haute vigilance

Les régions de l’Est et du Sud du Sénégal devraient faire l’objet d’une attention accrue des pouvoirs publics en raison de leur exposition à différentes formes de criminalité transfrontalière. Cette alerte a été lancée à Tambacounda, lors d’une session de renforcement de capacités destinée aux Forces de défense et de sécurité.

Les régions de l’Est et du Sud du Sénégal comptent parmi les « plaques tournantes illicites » identifiées dans le pays. C’est ce qu’a indiqué Mouhamadou Kane, analyste-chercheur de l’Initiative mondiale contre le crime organisé transnational, basée à Genève, à l’occasion d’une session consacrée à la criminalité transfrontalière.

Selon APS, une cartographie interactive récemment développée dans le cadre d’une étude sur les plaques tournantes illicites met notamment en évidence des zones concernées par le trafic de drogue, la traite des personnes et le trafic illicite de migrants. Les régions de Tambacounda et de Kédougou ont fait l’objet de recherches dont les résultats ont été partagés avec les autorités.

La session de renforcement de capacités s’est tenue les 5 et 6 octobre à Tambacounda, à l’intention des Forces de défense et de sécurité (FDS), dans le cadre du projet SENRésilience II, financé par l’Union européenne et mis en œuvre par la Fondation Konrad Adenauer. La rencontre, axée sur la sensibilisation, a été présidée par le préfet du département de Tambacounda, Alioune Badara Mbengue, en présence du représentant résident de la Fondation Konrad Adenauer, Jonathan Nowak.

Pour Mouhamadou Kane, Tambacounda constitue une zone de transit qui, du fait de sa position stratégique à proximité du Mali, mérite une attention particulière en matière de prévention et d’anticipation des menaces. Il a également relevé la vulnérabilité du Parc national du Niokolo-Koba.

L’analyste-chercheur a ainsi appelé à accentuer la prévention en associant les Forces de défense et de sécurité et les populations. Il préconise notamment de renforcer les capacités des FDS afin de mieux identifier les signaux liés aux mouvements djihadistes, ainsi que les voies, contacts et démarches susceptibles d’être utilisés par ces groupes.

Le préfet Alioune Badara Mbengue a, pour sa part, salué cette initiative, estimant qu’elle devrait contribuer à rapprocher davantage les Forces de défense et de sécurité des populations. Les jeunes, les chefs de village et les femmes sont notamment appelés à jouer un rôle dans la remontée des renseignements.

APS rapporte que les études menées sur Tambacounda et Kédougou s’inscrivent dans des recherches plus larges consacrées au crime organisé, à l’extrémisme violent et aux activités illicites.

L’autorité administrative a reconnu toutefois une défaillance du réseau téléphonique au niveau de certaines zones frontalières, assurant que des efforts sont effectués de façon quotidienne pour améliorer la connectivité.

“La principale contrainte pour Tambacounda, c’est vraiment son territoire qui fait 52 000 km². Donc vous comprenez aisément que souvent, il peut exister ce genre de situations. Mais il faut juste rappeler que depuis quelque temps quand même, il y a des efforts dans ce sens. Il y a le PUMA (Programme d’urgence de modernisation des axes et territoires frontaliers) qui a eu à installer le réseau dans certaines zones frontalières”, a-t-il assuré.

Dieyna SENE
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