Selon le quotidien Tribune, le régime de Pastef ferait face à une multiplication de foyers de contestation touchant l’université, l’école, la santé, l’agriculture et le secteur informel. Une accumulation de tensions qui pourrait peser sur les prochaines échéances électorales.
La majorité présidentielle est-elle en train d’ouvrir trop de fronts à la fois ? La question est posée par le quotidien Tribune, qui dresse un tableau préoccupant de la situation sociale au Sénégal.
Universités sous tension
La crise universitaire s’est dramatiquement illustrée par le décès de l’étudiant Abdoulaye Ba, survenu dans un contexte d’affrontements avec les forces de l’ordre. Depuis plusieurs semaines, les étudiants réclament le paiement de leurs bourses dans un climat de grèves cycliques qui perturbent gravement le fonctionnement des universités.
Face à cette contestation, le gouvernement pointe du doigt des opposants qu’il accuse d’être derrière la mobilisation estudiantine. Une posture qui, selon Tribune, risque d’envenimer davantage la situation.
Enseignants et élèves en colère
Le secteur éducatif dans son ensemble est en ébullition. Le G7, regroupement syndical d’enseignants, a déclenché un plan d’actions pour exiger le respect d’engagements jugés non tenus. Le Saes et le Saems-Cusems ont également annoncé des mouvements de lutte.
Dans le secondaire, des élèves refusent de subir les compositions du premier semestre, invoquant un déficit de quantum horaire.
Paysans, blouses blanches et secteur informel mobilisés
Au-delà de l’éducation, d’autres secteurs expriment leur malaise. Le collectif And Gueusseum, dans le domaine de la santé, réclame l’application d’accords signés. Les paysans, confrontés à une campagne arachidière difficile, dénoncent leurs conditions. Les marchands ambulants et les tabliers déguerpis contestent leur éviction.
Pour Tribune, cette accumulation de mécontentements pourrait fragiliser Pastef à l’approche des locales de 2027 et de la présidentielle de 2029. Le journal note que près de deux ans après l’alternance, une partie de l’électorat exprime sa déception face aux attentes non satisfaites en matière d’emploi et d’amélioration du pouvoir d’achat.
La montée de l’émigration clandestine, notamment via les pirogues transformées en embarcations de fortune, est également présentée comme un indicateur du désespoir d’une frange de la jeunesse.
Selon Tribune, le pouvoir fait aujourd’hui face à un front social d’une ampleur inédite depuis son accession aux responsabilités.

