Révision constitutionnelle : l’APR dénonce un « recul démocratique » et appelle à une mobilisation nationale, pour le retrait du texte

L’Alliance pour la République (APR) hausse le ton contre le projet de révision constitutionnelle examiné selon la procédure d’urgence à l’Assemblée nationale. Dans une déclaration publiée par son Secrétariat exécutif national, l’ancien parti au pouvoir dénonce une réforme jugée inopportune, dangereuse pour les équilibres institutionnels et déconnectée des préoccupations des Sénégalais.

Selon une déclaration rendue publique le 26 juin 2026, l’Alliance pour la République (APR) exprime sa « profonde préoccupation » face au projet de révision constitutionnelle actuellement soumis aux députés selon la procédure d’urgence.

Le parti estime que cette réforme intervient dans un contexte où les priorités nationales devraient être ailleurs. Il évoque notamment la cherté de la vie, le chômage, les difficultés rencontrées par les entreprises ainsi qu’une crise économique et sociale persistante qui affecte les ménages sénégalais.

Pour l’APR, engager une réforme institutionnelle dans ces circonstances revient à détourner le débat public des véritables urgences. Le parti considère que le texte répond davantage à des préoccupations politiques internes qu’aux attentes des populations.

Un affaiblissement des institutions dénoncé

L’APR estime que le projet de révision remet en cause plusieurs acquis démocratiques. Dans sa déclaration, le parti critique notamment la suppression du statut constitutionnel de l’opposition, qu’il considère comme une garantie essentielle du pluralisme politique.

Le texte est également accusé d’installer un exécutif aux contours imprécis, susceptible de générer des conflits institutionnels, tout en favorisant, selon le parti, un parlementarisme excessif rompant avec l’équilibre actuel des pouvoirs.

Autre grief soulevé : la réduction des prérogatives du Président de la République sans clarification d’un nouveau partage des compétences. Une évolution qui, selon l’APR, pourrait ouvrir la voie à de futures crises institutionnelles.

Plaidoyer pour un référendum

L’ancien parti au pouvoir considère qu’une réforme d’une telle ampleur ne peut être adoptée par la seule majorité parlementaire.

Pour ses responsables, la Constitution constitue le pacte fondamental de la Nation et toute modification substantielle devrait obligatoirement être soumise au peuple souverain à travers un référendum.

En conséquence, l’APR demande le retrait immédiat du projet et appelle les forces vives du pays à se mobiliser pour préserver les acquis démocratiques.

Le parti conclut en estimant que les véritables priorités nationales demeurent la relance économique, la protection du pouvoir d’achat, la création d’emplois, le renforcement de l’indépendance de la justice ainsi que la consolidation de l’État de droit, plutôt qu’une réforme constitutionnelle qu’il juge motivée par des considérations politiques internes.

Mamadou Nancy Fall
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