Face aux informations relayées dans l’opinion publique sur le recrutement d’enseignants-chercheurs sénégalais dans la sous-région, le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI) est sorti de sa réserve. Dans une mise au point officielle, l’autorité ministérielle rappelle le cadre légal strict qui régit la mobilité universitaire et réaffirme l’attractivité des universités publiques sénégalaises.
Le débat sur une supposée « fuite des cerveaux » dans l’enseignement supérieur sénégalais a conduit le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI) à apporter des précisions jugées nécessaires. Dans un communiqué rendu public le 5 janvier 2026, le département ministériel dénonce le caractère « équivoque » de certains engagements évoqués dans les médias, au regard de la réglementation en vigueur dans les universités publiques du Sénégal.
Selon le MESRI, le traitement informationnel de ces recrutements à l’étranger a parfois laissé croire à une perte d’attractivité du système universitaire national, voire à une dévalorisation de l’université sénégalaise. Une lecture que le ministère juge infondée. « La mobilité des enseignants-chercheurs ne pose, en principe, aucun problème et a toujours existé dans un cadre légal bien déterminé », rappelle le communiqué du MESRI.
Des universités sénégalaises « parmi les plus attractives de la sous-région »
Le ministère insiste sur le fait que les universités publiques sénégalaises figurent parmi les plus attractives de la sous-région ouest-africaine. Elles se distinguent, selon le MESRI, par la qualité de leur environnement académique et par un niveau de rémunération considéré comme l’un des plus élevés de l’espace francophone d’Afrique subsaharienne. Cette attractivité est illustrée par la présence de nombreux enseignants-chercheurs venus d’Afrique et d’Europe, qui ont choisi d’y exercer.
Pour le MESRI, cette dynamique traduit l’esprit d’ouverture et de coopération internationale de l’université sénégalaise, une orientation que le ministère entend consolider, notamment dans le cadre de l’intégration africaine.
Un cadre juridique strictement encadré
S’agissant des enseignants-chercheurs en activité dans les universités publiques, le ministère rappelle les dispositions légales en vigueur. La loi n°61-33 du 15 juin 1961, relative au statut général des fonctionnaires, consacre le principe de l’exclusivité de l’emploi dans la fonction publique et encadre de manière limitative les possibilités de cumul. Plus spécifiquement, l’article 11 de la loi n°81-59 du 9 novembre 1981 régit les conditions d’utilisation hors cadre des personnels enseignants des universités.
Dans ce contexte, le MESRI souligne qu’un enseignant-chercheur sénégalais ne peut être engagé par contrat dans la fonction publique d’un autre pays, sauf dans le cadre de mécanismes de coopération dûment ratifiés et après délivrance d’autorisations prévues par les textes en vigueur. C’est pourquoi le ministère a demandé aux recteurs des universités publiques de vérifier la véracité des informations relayées.
Coopération sénégalo-guinéenne et appel à la vigilance
Le communiqué rappelle également la signature, le 23 mai 2025 à Conakry, d’un protocole d’accord entre les gouvernements du Sénégal et de la Guinée sur la coopération universitaire et scientifique. Cet accord prévoit la mobilité des enseignants et des étudiants, avec des modalités de mise en œuvre qui seront précisées par un comité de suivi et rendues publiques en temps opportun, précise le MESRI.
En conclusion, le ministère appelle les recteurs et chefs d’établissements à veiller au respect scrupuleux des règles de gestion administrative des personnels enseignants et de recherche, afin de prévenir tout cumul d’emplois irrégulier. Le MESRI salue enfin l’engagement quotidien des acteurs du système universitaire et compte sur leur sens élevé des responsabilités pour assurer le bon fonctionnement des établissements d’enseignement supérieur.

