Quand les géants tombent du radar… au nom de quoi ? Par Babou Biram Faye

Ce n’est plus un débat technique. Ce n’est plus une simple question de critères.

C’est une affaire de vérité.

Le rapport 2025 du Fonds d’Appui et de Développement de la Presse (FADP) est publié. Les chiffres sont là. Les bénéficiaires sont connus. Les montants sont affichés. Mais, derrière cette vitrine de transparence, une réalité choque.

Des groupes majeurs de la presse sénégalaise ont été tout simplement effacés.

Oui, effacés. Des références comme Groupe Futurs Médias de Youssou Ndour, D-Media de Bougane Guèye Dany, Groupe Sud Communication, Avenir Communication de Madiambal Diagne, iMedias, Libération…Zéro.

Pendant ce temps, Walfadjri encaisse près de 118 millions 450 mille FCFA.

Et là, une question s’impose. Une seule. Au nom de qui, au nom de quoi ?

On nous parle de conformité.

On nous parle de rigueur.

On nous parle de réforme.

Très bien. Mais, alors qu’on nous explique : Comment des groupes qui structurent l’information nationale, qui emploient, qui produisent, qui influencent… peuvent être totalement exclus? Comment une telle disparité peut-elle être justifiée sans provoquer l’indignation ?

Ce n’est pas une question d’opposition ou de majorité.

Ce n’est pas une question de sympathie ou d’antipathie.

C’est une question d’équité.

Parce qu’un fonds public n’est pas un instrument opaque. Ce n’est pas un outil de sélection discrétionnaire.

Ce n’est pas un filtre silencieux. Ou alors, qu’on le dise clairement. Aujourd’hui, le doute s’installe. Un doute lourd. Le FADP est-il un mécanisme de soutien… ou un instrument de tri ? Est-on en train d’assainir le secteur… ou de le redessiner ? Corrige-t-on des irrégularités… ou écarte-t-on des voix ?

On peut invoquer tous les textes. On peut citer toutes les procédures.

Mais aucune ligne juridique ne peut effacer une évidence politique : Quand des géants disparaissent et que d’autres prospèrent, ce n’est jamais neutre. Et dans une démocratie, rien ne doit paraître arbitraire.Rien.

Parce qu’une presse affaiblie, déséquilibrée ou soupçonnée d’être triée…

ce n’est pas seulement un problème pour les médias.

C’est un problème pour la démocratie.

Alors oui, il faut des règles.

Oui, il faut de la transparence. Oui, il faut de la rigueur.

Mais il faut aussi une chose essentielle : La justice. La lisibilité. La cohérence. Sinon, la réforme devient suspicion. La transparence devient contestation. Et la confiance devient fracture.

Aujourd’hui, la question est posée. Elle est simple. Elle est directe. Elle est incontournable : Au nom de qui, au nom de quoi certains médias comptent… et d’autres plus du tout ? Le silence ne suffira pas.

BBF

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