La Chambre criminelle de Dakar a examiné, le mardi 14 juillet 2026, une affaire particulièrement troublante mettant en cause Daouda Diop, un ancien apprenti tailleur poursuivi pour tentative d’assassinat sur son employeur, nous informe Les Échos.. Selon l’accusation, le prévenu aurait volontairement introduit du raticide dans une bouteille de jus de bissap destinée à son patron, Mouhamadou Yacine Diallo, avec l’objectif de provoquer sa mort afin de prendre possession de son atelier de couture.
D’après le journal, les faits remontent à 2023. Employé dans l’atelier de la victime et rémunéré quotidiennement, Daouda Diop aurait prémédité son acte malgré les bonnes relations professionnelles qui semblaient exister entre les deux hommes. Le drame a toutefois été évité lorsque le maître tailleur, après avoir bu une première gorgée, a immédiatement remarqué un goût inhabituellement amer et une couleur anormale du jus.
Alerté par un autre apprenti qui affirmait avoir vu Daouda Diop manipuler la bouteille, le patron a saisi les autorités. Au cours de l’enquête, les policiers ont surpris le suspect dans les toilettes alors qu’il tentait de faire disparaître le produit toxique. Les analyses ont confirmé la présence d’une substance dangereuse compatible avec un raticide.
Selon toujours Les Échos., durant l’instruction, Daouda Diop avait reconnu les faits, expliquant avoir voulu éliminer son employeur pour récupérer son atelier. Mais devant la Cour, il s’est totalement rétracté. Il affirme désormais avoir versé une simple « potion mystique » destinée à sa propre protection, soutenant que son patron aurait confondu les bouteilles.
Malgré ce revirement, la partie civile a confirmé sa version des faits. Mouhamadou Yacine Diallo a raconté que le prévenu lui avait d’abord parlé d’un médicament avant de lui avouer, selon ses dires, qu’un marabout lui avait conseillé ce procédé afin de prendre possession de son commerce. Bien qu’il affirme aujourd’hui avoir pardonné à son ancien employé, il maintient avoir été victime d’une véritable tentative d’empoisonnement.
Estimant que les preuves réunies démontrent une intention criminelle manifeste, le ministère public a requis vingt ans de réclusion criminelle contre Daouda Diop. Son avocat, Me Ndiogou Ndiaye, a plaidé la clémence, invoquant la jeunesse et l’immaturité de son client ainsi que la nécessité de favoriser sa réinsertion sociale.
Le verdict est attendu le 11 août 2026.

