À quelques jours de l’élection présidentielle du 12 avril, la Mission d’observation à long terme de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) multiplie les rencontres avec les acteurs politiques et institutionnels béninois. Objectif : favoriser un climat de confiance et prévenir toute tension avant le scrutin.
Dans le cadre du suivi du processus électoral, les observateurs de la CEDEAO ont poursuivi leurs activités à travers les 12 départements du Bénin. Cette mission s’inscrit dans une dynamique de diplomatie préventive visant à garantir la transparence et la crédibilité du scrutin présidentiel.
À Cotonou, la mission a rencontré les responsables de l’Union des professionnels des médias du Bénin (UPMB), une organisation faîtière regroupant une quinzaine d’associations de presse. Ses représentants, Achille Yonconfoun et Toussaint Kinninkpo, ont plaidé pour un environnement médiatique plus ouvert, soulignant la nécessité d’une liberté de la presse sans entrave pour consolider les acquis démocratiques.
Même son de cloche du côté de la société civile. Luc Candeney, membre d’une plateforme électorale, a insisté sur l’importance pour le Bénin de rester fidèle à son image de pionnier de la démocratie multipartite en Afrique. Il a notamment évoqué l’héritage de la Conférence nationale de 1990 au Bénin, qui a marqué un tournant décisif vers le pluralisme politique après des années de régimes autoritaires.
En parallèle, les observateurs ont élargi leurs consultations à plusieurs institutions clés, notamment la Commission électorale nationale autonome (CENA), les services de sécurité et des représentants de l’administration territoriale. Ils ont également pris part à des sessions de formation destinées aux agents électoraux, un maillon essentiel pour le bon déroulement du vote.
Sur le terrain politique, la campagne électorale s’intensifie. Deux candidats sont en lice pour le scrutin du 12 avril : Kossi Mbuèke Romuald Wadagni, actuel ministre des Finances et représentant de la coalition au pouvoir, et Paul Hounkpè.
Dans le nord-est du pays, à Kandi, le coordinateur de campagne de Paul Hounkpè, Abdou Salifu, s’est dit confiant quant à la préparation de son camp, saluant la présence des observateurs de la CEDEAO comme un facteur rassurant pour la transparence du processus.
De son côté, Kossi Wadagni, accompagné de sa colistière, la vice-présidente Mariam Chabi Talata, a tenu un meeting à Tchaourou où il a présenté les grandes lignes de son programme en cas de victoire.
Au total, près de huit millions d’électeurs, sur une population estimée à 15 millions d’habitants, sont appelés aux urnes pour élire le futur président, qui succédera à Patrice Talon, au terme de ses deux mandats constitutionnels.
Dans ce contexte, la présence active de la CEDEAO apparaît comme un levier important pour renforcer la confiance entre les parties prenantes et contribuer à la tenue d’un scrutin pacifique dans ce pays souvent cité comme une référence démocratique en Afrique de l’Ouest.

