Macky Sall à l’ONU, l’indécence d’une immunité en guise d’ambition Par Khady Gadiaga

La réflexion du Dr Tidiane Sow sur la velléité de Macky Sall de briguer le Secrétariat général des Nations Unies est un cri d’alerte ontologique. Elle pose une question cruciale pour l’avenir de notre continent et des institutions mondiales : l’ONU peut-elle devenir le sanctuaire d’un homme dont le bilan national est le récit d’une déconstruction républicaine et d’une fuite devant la justice ?

L’éthique n’est pas une option, c’est un préalable.

Vouloir installer Macky Sall au sommet de l’ONU, c’est exiger des Sénégalais et du monde qu’ils avalent les « couleuvres » d’une réhabilitation indécente. On ne peut avoir sapé les fondamentaux de la justice chez soi et prétendre arbitrer les crises du globe. On ne peut avoir laissé derrière soi un pays aux caisses siphonnées, une jeunesse sacrifiée sous les balles et une démocratie balafrée, pour ensuite venir discourir sur la « bonne gouvernance » à New York.

Le paravent de l’immunité : une exfiltration déguisée.

Il faut nommer la manœuvre : cette candidature n’est pas une ambition diplomatique, c’est une stratégie d’exfiltration judiciaire. Comme le souligne Sow, l’immunité onusienne servirait ici de bouclier contre la reddition des comptes qui s’amorce à Dakar. Utiliser le prestige de l’Afrique pour masquer une cavale institutionnelle est une insulte à la mémoire de nos martyrs et à la probité des cadres africains irréprochables.

La justice ne s’arrête pas aux portes de Manhattan.

Le principe de redevabilité est au cœur du nouveau contrat social sénégalais. Comment accepter que l’homme sous la magistrature duquel des dettes ont été occultées et des ressources bradées puisse s’offrir une parenthèse d’impunité de dix ans ?

Confier les clés des Nations Unies à Macky Sall, c’est institutionnaliser l’idée que la mal gouvernance nationale est un tremplin vers la gloire internationale.

Un dispositif de barrage régalien.

Face à cette propagande, le Sénégal doit opposer un rempart juridique et moral implacable. La « volonté générale » exige que la reddition des comptes ne souffre d’aucune exception diplomatique. Soutenir cette candidature, c’est valider l’autocratie comme modèle d’exportation.

L’Afrique mérite un candidat de la trempe d’un Kofi Annan, un homme qui n’a pas besoin de l’immunité pour dormir tranquille. Le monde regarde, et les Sénégalais, eux, n’ont pas oublié.

K.G 10 mars 2026

webmaster

Author

webmaster

Up Next

Related Posts